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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 14:12:10 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne comprends pourquoi l&#39;un fonctionnerait et l&#39;autre pas. Quel est le problème de configuration ?<br clear="all"/><br />&#8211; <br />Jacques Tévoédjrè<br />229 95952658</p>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 16:09:17 +0000</pubDate>
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		<title>PAPE</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Oct 2011 15:32:23 +0000</pubDate>
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		<title>Plombier</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 08:00:09 +0000</pubDate>
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		<title>Plombier</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 08:00:09 +0000</pubDate>
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		<title>Cogito Politique</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 11:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[COGITO POLITIQUE &#8212;&#8212;&#8212;-.&#8212;&#8212;&#8212;- En inscrivant au programme des manifestations commémorant le cinquantenaire de son indépendance un colloque ayant pour thème «L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle », les autorités de la République du Bénin font plus qu’innover. Elles entendent dépasser la dimension purement festive de l’évènement, pour nous rappeler que cinquante ans, c’est plus qu’il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>COGITO POLITIQUE</strong></p>
<p><strong>&#8212;&#8212;&#8212;-.&#8212;&#8212;&#8212;-</strong></p>
<p>En inscrivant au programme des manifestations commémorant le cinquantenaire de son indépendance un colloque ayant pour thème «L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle », les autorités de la République du Bénin font plus qu’innover. Elles entendent dépasser la dimension purement festive de l’évènement, pour nous rappeler que cinquante ans, c’est plus qu’il ne faut pour que les plus jeunes participants à ces rencontres (qui n’ont pas vécu la période coloniale) puissent assister à la naissance de leurs petits enfants. La pertinence du thème en découle : c’est l’impérieux devoir de faire entre nous le point sur ce demi-siècle de notre existence politique et sociale qui a suivi les indépendances. Mais c’est surtout le libellé du thème qui retient l’attention : en nous invitant délibérément sur ce thème, c’est avant tout à notre audace intellectuelle qu’elles lancent un défi. Et c’est en relevant victorieusement un tel défi que nous saurons si oui ou non l’Afrique est en mesure de s’égaler à sa propre ambition : compter parmi les acteurs majeurs qui feront l’histoire du XXI<sup>e</sup> siècle ou la subir. Voilà qui nous convie en vérité, au-delà de l’inévitable bilan, à un acte de fondation ou de refondation.</p>
<p>Dans la discipline que je pratique, on s’accorde à reconnaître dans le Cogito cartésien l’acte inaugural de refondation théorique de la pensée philosophique moderne en Occident. Et si on veut remonter au « <em>Gnôti se auton</em> » socratique (Connais-toi toi-même), une constante demeure : la décision par laquelle le sujet se pose comme centre donateur de sens et qui se décline comme rapport à soi, à autrui et au monde. Dans l’introduction générale de notre Thèse intitulée <em>Civilisations de l’oralité et pratiques discursives en Afrique noire</em>, qui a été depuis publiée sous le titre <em>Critique de la raison orale</em><a href="#_ftn1">[1]</a>, nous posions une question méthodologique qui, à l’époque et dans tout ce que nous avons envisagé de faire depuis, s’est avérée pour nous incontournable : le statut et la nature problématiques du discours des Africains sur l’Afrique et sur leur propre vécu. S’agissant de la philosophie précisément, nous notions : « <em>Les péripéties d’une histoire épistémique singulière installent le discours philosophique sur les cultures africaines dans un champ théorique déjà occupé par d’autres types de savoirs. L’autre-que-philosophique étant le plus souvent figuré par l’ethnologie ou l’anthropologie culturelle, l’antériorité chronologique et le prestige conféré par la position « politique » de son lieu d’énonciation peuvent interposer, entre le propos philosophique africain et son objet ses présupposés et ses propres critères de pertinence</em> »<a href="#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Parce qu’il s’agissait spécialement de la philosophie, l’accent était mis sur le rapport avec le non-philosophique. Mais il est clair que cette position de principe peut être généralisée avec quelques nuances selon les différentes disciplines des sciences humaines, à condition d’éviter toute perspective globalisante<a href="#_ftn3">[3]</a>. Nous ajoutions que ce qu’on nomme l’« africanisme » est l’une des problématiques les plus piégées du legs colonial, en précisant toutefois qu’il ne recouvre pas un champ homogène, parce que des luttes et des orientations contradictoires s’y font jour, des positions politiques s’y affrontent dont il convient de prendre acte. En tout état de cause, les pièces à verser au dossier que nous nous proposons d’étudier se trouvent pratiquement réunis : dans les disciplines évoquées, le regard sur l’Afrique lui est extérieur, procédant historiquement de la volonté impériale de l’Occident. L’Afrique y est objet et non sujet du discours qui la concerne, qui  peut être pris en charge consciemment ou non par les Africains eux-mêmes, pour déboucher sur une extraversion aux multiples conséquences. Une recentration du regard s’impose donc, qui est l’autre façon de nommer la reprise ou la reconquête de l’initiative théorique et historique sans laquelle aucun projet de libération n’est réalisable ni peut-être même pensable.</p>
<p>Michel Foucault soutient que « <em>n’importe qui parle, mais ce qu’il dit, il ne le dit pas de n’importe où</em> ». L’Afrique a donc pu être « objectivée » dans le champ du regard de l’Occident impérial, selon un lexique structuré par des termes comme « découverte », « pacification » ou « mission civilisatrice ». Et si le fait initial est le regard déformant ou négateur de l’autre, l’acte d’affirmation du cogito africain passe par un certain nombre de préalables dont le premier est la déconstruction de son état civil, des biographies fausses ou fictives écrites pour lui. Ensuite par la redécouverte des faits qui donnent sens à sa propre vie, sans préjudice cependant des fantasmes qu’il peut entretenir sur lui-même. S’agissant du premier moment, il est essentiellement critique et contestataire. Ce qui explique des courants comme la <em>Négritude</em>, l’« <em>African personnality</em> » ou l’« <em>Authenticité</em> ». Quelles que soient les discussions qui ont pu être engagées sur le détail ou même le contenu global de leurs thèses, il ne fait pas de doute que la perspective qui s’organise autour du « cogito nègre » et qui conclut sur le « <em>Neger sein </em>» est tout à fait illustrative d’une volonté de recoïncidence du sujet avec soi. En parlant d’« enracinement » et d’« ouverture », Léopold Sédar Senghor donna la priorité au premier concept : pour être, il faut être soi-même d’abord. Et être soi-même c’est se reconnaître une position dans le monde, d’où il est possible d’entretenir des rapports avec les autres préservés de tout risque d’aliénation<a href="#_ftn4">[4]</a>. Dans un registre différent, mais tout à fait caractéristique du second versant, le trajet intellectuel de Cheikh Anta Diop à la quête de la civilisation pharaonique développée sur les bords du Nil, mais trouvant ses origines lointaines dans la Haute Egypte (c’est-à-dire en pleine Afrique noire) est salué par Aimé Césaire comme l’entreprise la plus audacieuse qu’un Nègre ait jamais accomplie. L’identité retrouvée permet à la fois de situer le discours africain au-delà de la simple contestation, et d’en faire le socle d’une refondation actuelle par une sorte de révolution copernicienne. Ce que Diop nomme d’un terme qui réfère clairement à une problématique du sujet : la « conscience historique ».</p>
<p>Il demeure cependant que si le moment de la contestation et de la revendication est essentiel, le rapport du sujet à soi n’est pas sans poser de redoutables problèmes, parmi lesquels ceux que Sartre a dégagés dans son fameux <em>Orphée noir</em>. Tout d’abord le rapport de soi à soi est éminemment problématique. A la jointure du XIX<sup>e</sup> et du XX<sup>e</sup> siècle, la constellation des auteurs que, à la suite de Paul Ricœur, on désigne sous le nom d’« Ecole du soupçon » nous a enseigné à nous méfier des prétentions du Cogito lorsqu’il entreprend de narrer son autobiographie. Selon Ricœur, en effet, le Cogito est « <em>comme une place vide qui a toujours été déjà remplie par un faux cogito ; nous avons en effet appris </em>[…]<em> que la conscience prétendument immédiate est d’abord « conscience fausse ». Marx, Nietzsche et Freud nous ont enseigné à en démasquer les ruses</em> »<a href="#_ftn5">[5]</a>. Invoquer la « ruse », c’est circonscrire un lieu d’occultation et de non-transparence, de renoncement à toute prétention de lecture immédiate du sens : « <em>Il faut désormais joindre une critique de la conscience fausse à toute redécouverte du cogito dans les documents de sa vie</em> ». La figure véritable du sujet se profile à l’horizon d’une quête hantée à tout moment par le fantasme et la tentation de l’auto-complaisance, qui n’est jamais que la figure inversée du mépris ou de l’auto-dévaluation.</p>
<p>Le grand intérêt du thème retenu, c’est de nous inviter à une introspection sans complaisance qui ne peut revendiquer l’authenticité et la sincérité qu’à condition de débusquer ces ruses et ces dénégations. Le sujet qui l’assume est comptable d’un demi-siècle de souveraineté ponctué d’évènements et d’actes dont il n’est pas seulement le spectateur mais bien l’acteur. C’est à articuler quelques unes de ces questions que va s’attacher le présent propos.</p>
<p>Le tracé de la frontière qui sépare le moi et le non-moi est essentiel dans l’acte par lequel le sujet se pose et est identifié par les autres dans sa singularité propre. De ce point de vue, et sans faire quelque concession que ce soit à l’afro-pessimisme, force est de reconnaître que, lorsque nous parlons de l’Afrique comme d’un continent de bientôt un milliard d’âmes, qui a dans et sur son sol un tiers des réserves mondiales toutes richesses confondues, on se trouve, à peu de choses près (le réalisme en moins notamment) dans la situation où se trouvait Machiavel, celui qui inventa le concept de l’Etat, objet spécifique de la politique, dans son sens moderne en l’employant dès les premières lignes du <em>Prince</em>. La comparaison s’autorise du fait que l’Italie de l’époque n’est, selon la juste expression de Pierre Mesnard, qu’« une expression géographique », la réalisation de l’unité de la péninsule par Garibaldi et Cavour décalant de plus de trois siècles de la théorie qui l’appelle comme un manque ou une nostalgie. Donc, quand nous parlons de l’Afrique, peut-être ne visons-nous que l’expression géographique d’une entité que les efforts faits jusqu’à présent n’ont pas mis en position de peser de façon significative sur les affaires du monde – y compris sur les affaires qui la concernent directement au Conseil de sécurité où son absence a été dénoncée récemment par le Président Abdoulaye Wade. Mais la question qu’il faut se poser est : qu’avons-nous fait depuis l’indépendance pour éviter une telle situation ? Depuis l’époque où le cœur du continent battait à Accra, quand l’Osagyefo avançait le mot d’ordre « Africa must unit » jusqu’à la Conférence tenue ces temps derniers autour de l’idée d’un gouvernement continental (avec les résultats qu’on sait), quel chemin significatif avons-nous parcouru ? Il semble qu’on doive se résigner à parler non de l’Afrique mais des Afriques, comme le corps démembré d’Osiris. Et dans ces Afriques, la difficulté pour les Africains eux-mêmes de s’établir ou même parfois de se déplacer d’un lieu à un autre sans de multiples tracasseries, sans parler des conflits meurtriers entre pays et à l’intérieur d’un même pays.</p>
<p>Car la question nationale se pose à l’intérieur de beaucoup de pays qui, au bout de cinquante ans, n’ont pas su dépasser les limites de la famille et de l’ethnie. Dire que cinquante ans c’est peu, là où les pays du nord ont mis des siècles, c’est souvent se mettre en quête d’alibi facile, en évitant la question : pourquoi ne sommes-nous pas arrivés à construire des nations viables, avec des assises institutionnelles solides ? Quand on sait que nombres d’hommes politiques ne doivent leur carrière qu’aux jeux habiles (et dangereux) ayant pour pions l’ethnie ou la région qui servent, selon les cas de refuges, boucliers, instruments de chantage ou bouc-émissaires, on se trouve devant une partie de la réponse. Surtout  quand les ethnies ou les régions vivaient autrefois dans la paix, liées par la parenté à plaisanterie et les échanges matrimoniaux. La sociologie électorale révèle que ce qu’on nomme la « base politique » d’un homme public, appelé plus justement son « fief », est l’entité qu’il sert pour, en retour, en recevoir un appui inconditionnel lorsque vient le moment où il vise un poste ou risque d’en perdre un. La patrimonialisation de la chose publique a de beaux jours devant elle, et les bailleurs de fonds n’ont pas fini de nous interpeller (parfois pour se donner bonne conscience à peu de frais) si nous n’avons pas l’audace de ce type de débats entre nous.</p>
<p>De manière générale, l’exercice même de l’activité politique pose un problème que nous avons tendance à esquiver, alors qu’il accompagne tout le processus de l’activité militante, de la conquête et de la conservation du pouvoir. Entrer en politique, ce n’est pas entrer en religion, envisager une activité conçue comme un sacerdoce, au service de l’intérêt général. C’est accomplir un investissement dont on estime que, comme tout investissement il doit être rentable. L’Etat étant perçu comme le lieu de concentration et de distribution de la richesse sociale, arriver à le contrôler, c’est se mettre en situation de se servir et de servir ses proches. D’où l’âpreté des compétitions électorales durant lesquelles tous les coups (surtout les « défendus ») sont permis, comme la fraude, de ses versions les plus grossières aux plus raffinées. Avec pour conséquences directes les interminables contestations prenant de part et d’autres en otage les magistrats chargés de trancher les litiges. Beaucoup de cas relèvent du manque de fairplay et de techniques de négociations pour être associé d’une façon ou d’une autre au pouvoir, l’opposition étant le statut le plus ingrat qui écarte de vous ceux qui vous disent froidement qu’« une calebasse vide n’attire point les chèvres ». Mais à côté, combien sont-ils qui ont été spoliés d’une légitime victoire, menacés d’être jetés en prison pour trouble à l’ordre public s’ils manifestent trop bruyamment, et à qui il est offert au mieux un strapontin, le temps de faire passer l’orage ? Pour conclure ce point, il suffit de se demander combien d’élections se sont déroulées sur le continent sans contestation majeure et sans que, en amont les observateurs internationaux les plus divers ne viennent en valider à la face du monde le bon déroulement. Grâce à la formule connue : « Les irrégularités observées ne sont pas de nature à fausser les résultats de manière significative ».</p>
<p>Le fait massif est qu’au bout d’un demi siècle, chacun est sommé de poser la main sur sa conscience pour se demander : dans quelle mesure ai-je contribué, par mes propos et par mes actes à une éducation à la citoyenneté, quelle soit nationale ou transnationale ? Suis-je moi-même en état de la donner à qui que ce soit ? En cas de réponses négatives (et il y a des chances qu’elles le soient dans beaucoup de domaines), alors des urgences s’imposent à tous. Un répertoire des obstacles et des difficultés doit être dressé, avec des échéances précises et une définition ambitieuse des objectifs. Les hommes de bonne volonté s’y attaqueront avec la foi qui, dit-on, est seule capable de soulever les montagnes, c’est-à-dire, ici les continents. Pour cela, il faut se convaincre que l’histoire n’est pas écrite d’avance et que nous voulons compter parmi les acteurs du siècle dans lequel nous sommes entrés.</p>
<p>Le titre d’un des derniers ouvrages de Ki-Zerbo prend la forme d’une interrogation : <em>A quand l’Afrique ? </em>Avec, en exergue, l’adage : « <em>N’an laara, an saara</em> » (Si nous nous couchons, nous sommes morts). Il ne sera répondu à la question que lorsqu’on se rendra compte que ce qu’engage sa compréhension dépasse l’horizon d’une simple échéance temporelle, d’un rendez-vous qu’on se donne dans l’avenir. « Quand ? », ça signifie plus fondamentalement : « Dans quelle mesure ? » ou « A quelles conditions ? ». Une partie de la réponse se trouve dans un ouvrage produit bien avant, intitulée de manière significative <em>La natte des autres</em>. Confectionner sa propre natte pour s’y asseoir, c’est trouver tout ce qui est nécessaire à l’ouvrage et l’idée conçue en fonction du but qu’on s’assigne. C’est ainsi, et ainsi seulement, que pour les Africains et tous ceux qui se soucient du destin du continent l’audace de refonder l’Afrique dépassera le statut du slogan, pour être à la fois une libération du discours et un discours de la libération.</p>
<p><strong> Mamoussé DIAGNE</strong></p>
<p>Maître de Conférences agrégé de philosophie</p>
<p>Université Cheikh Anta Diop de Dakar</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <em>Critique de la raison orale : les pratiques discursives en Afrique noire</em> (préface de Bonaventure MVÉ-ONDO), Karthala 2005. L’éditeur a trouvé suffisamment d’intérêt à ce qui était au départ conçu comme un appendice à la thèse pour le publier sous le titre <em>De la philosophie et des philosophes en Afrique noire</em> (préface de Paulin HOUNTONDJI), Karthala, 2006.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> <em>Critique de la raison orale</em>, p. 11.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> L’hétérogénéité est de rigueur, dans les projets et les conclusions. Voir Jean COPANS, <em>Anthropologie et impérialisme</em>, textes choisis et présentés par -, Maspero, 1975 ; Gérard LECLERC, <em>Anthropologie et colonialisme </em>; Alain Le PICHON, <em>Le regard inégal</em>, Ed. JC Lattès, 1991 ; V. Y. MUDIMBE, <em>The invention of Africa</em>, Bloomington, Indiana University Press, <em>The idea of Africa</em>, Indiana University Press.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> SENGHOR proclame à la tribune des Nations Unies le 31 Octobre 1961 ce qui résu­me, sur ce point, sa pensée : « <em>Il n&#8217;est de li­berté que dans la pléni­tude de la personnalité, et il faut ETRE pour s&#8217;unir</em> ». Six ans plus tard, à la deuxième session du Congrès interna­tional des Africa­nistes à Dakar, il en fera la condi­tion de tout enrichisse­ment mutuel : « <em>pour avoir la puissance d&#8217;assi­mi­ler activement, il faut ETRE et, pour ETRE, ETRE SOI. Dans notre cas de Négro-Afri­cains, il nous faut, comme disent les Allemands, <strong>Neger sein </strong>»</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Paul RICŒUR, <em>Le conflit des interprétations</em>, Ed. du Seuil, p. 22.</p>
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		<title>Formule Coopérative aux Défis du Développement</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 11:51:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Formule Coopérative aux Défis du Développement]]></category>

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		<description><![CDATA[SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR LE CINQUANTENAIRE DE L’AFRIQUE Cotonou du 16 au 20 novembre 2010 L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle Réponse de la formule coopérative aux défis du développement économique et social de l’Afrique Par Pr  Emmanuel KAMDEM Haut fonctionnaire du BIT spécialiste principal des coopératives Genève Président du Conseil Scientifique International de l’Université [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR LE CINQUANTENAIRE DE L’AFRIQUE</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> Cotonou du 16 au 20 novembre 2010</strong></p>
<p>L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle</p>
<p><strong>Réponse de la formule coopérative aux défis du développement économique et social de l’Afrique</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Par </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Pr  Emmanuel KAMDEM</strong></p>
<p>Haut fonctionnaire du BIT spécialiste principal des coopératives</p>
<p><strong>Genève</strong></p>
<p>Président du Conseil Scientifique International de l’Université Africaine de Développement coopératif</p>
<p><strong>Ctotonou </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Genève  Novembre 2010</strong></p>
<p><strong>Introduction : </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>La réponse aux défis du développement économique et social de l’Afrique (comme ailleurs) passe forcément par la création des richesses à travers des entreprises à double finalité (économique et sociale) et, la coopérative est la seule forme d’entreprise qui, de part sa nature intègre cette double finalité dans sa vie. De plus ce développement économique et social ne sera durable que s’il est à la fois équitable économiquement  et  socialement, viable économique et écologiquement,  et  enfin vivable socialement et écologiquement.  Comme le disait Martin Luther King, « Aucune nation ne naît grande, les grande nations sont l’œuvres de leurs citoyens ». Le présent papier est composé de 10 parties consacrées respectivement aux définitions(1), emploi au centre de toute politique de développement(2), comment les coopératives créent-elles les emplois(3), avantage comparatif des coopératives pour réduire la pauvreté(4), renouveau coopératif (5), historique, état des lieux et perspectives du mouvement coopératif africain (6), programme de création d’emplois ruraux et périurbains à travers l’entreprenariat coopératif (7), impact du programme (8), pérennisation du programme (9), conditions de réussite du programme (10), objectifs coopératif du centenaire pour le développement  économique et social durable de l’Afrique (11).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1 Définition de quelques concepts</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1.1. Développement durable </strong></p>
<p>Selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l&#8217;environnement et le développement (Commission Brundtland), dans son rapport  intitulé « Notre avenir à tous »: « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins »<a href="#_ftn1">[1]</a>. Le rapport soulignait l&#8217;interdépendance des phénomènes économiques, sociaux et écologiques et a fourni la base de la conception tridimensionnelle de la notion diffusée lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 ainsi que du modèle du stock de capital que la Banque mondiale a élaboré pour le développement durable.</p>
<p>C’est un développement, économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. Il est respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, support de vie sur Terre, qui garantit l&#8217;efficacité économique, sans perdre de vue les finalités sociales du développement que sont la lutte contre la pauvreté, contre les inégalités, contre l&#8217;exclusion et la recherche de l&#8217;équité.</p>
<p><a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0e/Sch%C3%A9ma_du_d%C3%A9veloppement_durable.svg"></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Figure 1</strong> : Schéma du développement durable : une approche génomique globale à la confluence de trois préoccupations, dites « les trois piliers du développement durable ».</p>
<p><strong>1.2 Coopérative. </strong></p>
<p>La Déclaration sur L’identité Coopérative adoptée par l’Assemblée Générale de<strong> </strong>l’Alliance Coopérative Internationale (ACI) en 1995 et la Recommandation 193 concernant la promotion des coopératives adoptée par la Conférence Internationale du Travail en 2002, « Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d<strong>’</strong>une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ».<a href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>1.3 Entrepreneuriat coopératif</strong></p>
<p>C’est un processus ou un ensemble d’activités entreprises en groupe par des coopératrices et/ou coopérateurs motivés qui utilisent leurs compétences et leur potentiel en vue d’identifier des opportunités qu’ils transforment en entreprises rentables en prenant des risques calculés pour créer, innover ou réhabiliter dans les affaires. Pour atteindre leur but, les entrepreneurs doivent planifier, organiser et contrôler les ressources dont ils disposent dans le cadre de plan d’affaires. Notons que l’entreprenariat coopératif est le plus souvent un entreprenariat double en ce sens que les adhérents possèdent souvent leurs entreprises individuelles que l’entreprise collective à pour but de promouvoir.</p>
<p><strong>1.4 Emplois décents </strong></p>
<p>Ces sont des emplois qui permettent à leurs détenteurs, de satisfaire  leurs besoins fondamentaux, de bénéficier d’une protection sociale adéquate, de défendre leurs intérêts à travers un dialogue social et l’exercice de  leurs droits fondamentaux.</p>
<p>Les emplois non décents aggravent la pauvreté car ils maintiennent leurs bénéficiaires dans une situation d’exploités et de dépendance permanente voir d’esclavage déguisé.</p>
<p>Réduire la pauvreté sans passer par la création d’emplois décents est synonyme de renforcement de l’esprit d’éternels assistés. Les emplois décents permettent l’affranchissement de l’homme et de la femme. Les emplois décents sont les seuls qui permettent au détenteur de subvenir à leurs besoins vitaux en même temps qu’ils bénéficient de la protection sociale, au dialogue social et à la défense de leurs droits fondamentaux.</p>
<h1><strong>2.</strong><strong> L’emploi doit être au centre de toute politique/stratégie de développement économique et social </strong></h1>
<p><strong> </strong></p>
<p>Toutes les études montrent que la pauvreté touche particulièrement le milieu rural et périurbain en Afrique. C’est dans ces milieux que dominent la précarité, l’exclusion et l’exploitation des enfants, des femmes et des populations marginalisées. Dès lors, tout effort de réduction de la pauvreté et du développement durable doit être enraciné dans ces milieux.</p>
<p>Une personne est pauvre lorsqu’elle ne peut pas toute seule sans apport externe faire face à ses besoins vitaux tels que se nourrir, se loger, se vêtir, s’instruire, se soigner, défendre ses droits fondamentaux  soit parce que son revenu ne lui permet pas, soit parce qu’il n’en a pas du tout.</p>
<p>Une famille est pauvre lorsque ses membres se trouvent dans la même situation décrite pour une personne. Un pays est pauvre lorsque la grande partie de ses citoyens sont dans la situation décrite pour une personne pauvre et que l’Etat est obligé de faire appel à l’extérieur pour satisfaire les besoins vitaux de ses citoyens ou alors de faire des efforts internes pour résoudre le problème.</p>
<p>Mais résoudre durablement le problème signifie créer des revenus permanents,  ce qui implique forcement  la création d’emplois décents.</p>
<p>En effet l’emploi est au centre de toute initiative de réduction de la pauvreté et de développement économique et social : pour mettre à disposition des pauvres de l’eau potable, des soins de santé primaires, de la nourriture,  des habits, de l’instruction primaire, il faut déjà des hommes et des femmes pour le faire, autrement dit des emplois appropriés.</p>
<p>Même pour élaborer des programmes de réduction de la pauvreté, il faut des personnes qui offrent leurs services, en d’autres termes de l’emploi.</p>
<p>Enfin, une fois l’eau potable, les services de santé …etc. disponibles, il faudra des revenus durables aux citoyens pour payer ces services. Or  pour avoir des revenus durables, il faut des emplois décents. En conclusion on peut dire que sans emplois, pas de réduction de la pauvreté, pas de développement durable.</p>
<h2>3. Comment les coopératives créent-elles les emplois ?</h2>
<p>En matière de création d’emploi, il existe deux grandes catégories de coopératives :</p>
<p>-         Les coopératives de travailleurs dont la création a pour but de pourvoir des emplois aux membres ;</p>
<p>-         les coopératives de services aux membres dont le but primaire est de fournir des services autres que l’emploi à leurs membres, et qui ne contribuent qu’indirectement à la création d‘emplois comme toutes les autres entreprises.</p>
<p><strong>3.1. Création d’emplois décents par les coopératives de travailleurs</strong> :</p>
<p>-         <em>les coopératives de main d’œuvre</em> : Lorsque la coopérative est créée par des chercheurs d’emploi qui veulent mettre leurs compétences à la disposition d’autres entreprises ou toutes les autres institutions, on parle de <strong>coopérative de main d’œuvre</strong>. Il en est ainsi des coopératives de service d’entretien, de gardiennage etc.</p>
<p>-         <em>les coopératives (ouvrières) de production</em> : lorsque la coopérative est créée par des chercheurs d’emploi qui apportent les parts sociales nécessaires pour créer une entreprise dans laquelle ils veulent travailler pour produire des biens ou des services pour le marché, on parle de <strong>coopérative (ouvrière) de production</strong> ; il en est ainsi de la coopérative d’artisans qui se mettent ensemble pour créer une unité de production dans laquelle ils travaillent, du lycée coopératif créé par des enseignants à la recherche d’emploi qui se mettent ensemble pour fournir l’enseignement aux élèves, de la clinique coopérative créée par le personnel médical à la recherche d’emploi qui se mettent ensemble pour fournir des soins aux malades.</p>
<p>Les emplois créés par les coopératives de travailleurs dans lesquelles les membres sont à la fois employeurs et employés ont de forte chance d’être <strong><em>décents</em></strong> dans la mesure où il n’y a ni exploiteurs, ni exploités.<em> Dans ce cas, les travailleurs sont aussi patrons d’eux-mêmes.</em></p>
<p><strong>3.2. Création d’emplois par les coopératives de service aux membres.</strong></p>
<p>-         Lorsque la coopérative est créée par les clients qui apportent les parts sociales nécessaires pour créer une entreprise commune afin de faciliter un meilleur approvisionnement en biens et/ ou service, on parle de <strong>coopérative de service aux clients</strong>. Les emplois sont créés dans la coopérative qui a besoin comme toute entreprise d’un personnel compétent pour fonctionner. Un cas typique est par exemple, la coopérative des consommateurs ou encore la coopérative d’approvisionnement en intrants agricoles. Il faut noter l’effet d’entraînement ;  en effet, lorsque les possibilités d’approvisionnement sont ainsi offertes, beaucoup d’autres clients notamment des agriculteurs  peuvent démarrer leurs petites exploitations pour bénéficier des services de la coopérative. Il s’agit ainsi de l’auto emploi qui peut à son tour engendrer des emplois si les petites exploitations grandissent et recrutent des employés à leur tour.</p>
<p>-         Lorsque la coopérative est créée par des fournisseurs qui apportent les parts sociales pour créer leur entreprise commune afin de faciliter la commercialisation de leurs produits on parle <strong>de coopérative de services aux fournisseurs. </strong>Les emplois sont créés dans la coopérative suivant ses besoins en ressources humaines. Les membres fournisseurs sont d’abord propriétaires de leurs entreprises individuelles avant de se retrouver ensemble dans la coopérative qui leur offre des services dont ils ont besoin pour leurs exploitations. C’est le cas de la coopérative d’agriculteurs qui passent par leur coopérative pour commercialiser leurs produits en bénéficiant des économies d’échelle. Ici encore, les effets d’entraînement sont très importants car la présence d’une coopérative de commercialisation encourage généralement des gens à démarrer des activités agricoles pour bénéficier de ses services de celle-ci.</p>
<p>-         Un type spécial de coopérative de service aux membres : la coopérative financière concerne les activités d’épargne, de crédit et d’assurance. Il s’agit <strong>de la coopérative d’épargne et de  crédit, de la banque coopérative, et de la coopérative d’assurance</strong>. En plus de la création d’emplois en leur sein comme dans toutes les entreprises, ces coopératives ont un effet d’entraînement très fort : en permettant à leurs membres de bénéficier des crédits et d’être assurés, les coopératives financières permettent à ces derniers de créer des entreprises et donc des emplois.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Basée sur des valeurs telles la prise en charge de la responsabilité personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité,  la coopérative  qui adhère à une éthique fondée sur l’honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l’altruisme, est tout à fait le type d’entreprise devant offrir des emplois décents dans le contexte d’un développement économique et social.</p>
<p><strong>4. Avantage comparatif de l’entrepreneuriat  coopératif pour lutter contre la pauvreté, par rapport à d’autres formes d’organisation<span style="text-decoration: underline;">.</span></strong><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Il est vrai que plusieurs formes d’entreprise et d’organisation peuvent contribuer à lutter contre la pauvreté. Cependant il faut souligner que seules <em>les</em> <em>entreprises performantes</em> qui créent les emplois décents et des revenus durables peuvent contribuer de façon pérenne à enrayer la pauvreté de façon durable.</p>
<p>Les analyses ci-après confirment les affirmations ci-dessus :</p>
<p>-         <strong>Forme individuelle :</strong> Les personnes qui mènent  individuellement des activités de lutte contre la pauvreté sont souvent confrontées à des difficultés dues à leurs maigres moyens. Ils se regroupent souvent de façon formelle soit sous forme d’association soit sous forme de coopérative ou encore de façon informelle. Ces regroupements de maigres moyens leur permettent de bénéficier des économies d’échelle. Ainsi, l’action d’entreprendre individuellement chez les pauvres n’est souvent efficiente qu’en association avec un regroupement pour certaines fonctions comme le financement, l’approvisionnement, la commercialisation, la formation, l’audit…etc.</p>
<p>-         <strong>ONG, autres associations et éradication de la pauvreté : </strong>Conformément<strong> </strong>à la loi<strong>, </strong>une association  ou une ONG n’a pas le droit de partager à ses membres les résultats issus de ses activités. Les activités lucratives à titre principal lui sont prohibées, sauf si l’objectif visé est de lui permettre d’atteindre un objectif autre que le partage du bénéfice qui en découle. Pour assurer leur financement, les associations et les ONG utilisent en général des dons et non les produits de leurs activités. Elles sont dès lors   dépendantes en permanence de leurs donateurs. Cette dépendance empêche les  associations et les ONG d’être considérées comme les formes d’organisation les plus  appropriées pour éradiquer la pauvreté de façon durable.</p>
<p>-         <strong>Sociétés commerciales et éradication de la pauvreté :</strong> La formation des  sociétés commerciales exige d’importants capitaux de départ que les pauvres ne sont pas en mesure de fournir. Les bénéfices réalisés par les sociétés commerciales vont à cette poignée de fournisseurs du capital. Ces derniers  ne se préoccupent pas de ceux qui ont effectué des transactions avec leurs sociétés, pour permettre la réalisation  de ces bénéfices. Ainsi, les sociétés commerciales ne sont pas les formes d’entreprise les plus appropriées pour éradiquer la pauvreté. Elles enrichissent certes leurs actionnaires mais pas forcement les fournisseurs de la main d’œuvre ou des matières premières</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>-         <strong>Coopérative et l’éradication de la pauvreté : </strong>La coopérative cumule les avantages qui échappent aux formes d’entreprise et d’organisation précédentes. En effet, en tant que société, elle est autorisée légalement à distribuer à ses membres (propriétaires/usagers) une partie de ses excédents issus de ses activités. Elle entretient des transactions d’affaires avec ses propres membres. Il est possible de former une coopérative avec un faible capital de départ. La coopérative bénéficie des économies d’échelle. La coopérative peut limiter la responsabilité de ses membres en cas de faillite. En conséquence de ce qui précède, on déduit que la coopérative possède un avantage comparatif multiple pour lutter contre la pauvreté et contribuer au développement économique et social par rapport aux formes d’entreprise et d’organisation précédemment citées. Il faut aussi se rappeler que  les coopératives ont déjà fait la preuve de leur aptitude à activement contribuer à la lutte contre la pauvreté. Citons entre autres pays ayant une grande expérience des coopératives à cet effet à titre d’exemple l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis d’Amérique le Kenya (coopératives financière)  et le Sénégal (Coopérative de l’habitat), la France (coopératives des travailleurs) etc.</p>
<p><strong>5. Renouveau coopératif.</strong></p>
<p>Les premières coopératives ont été créées au 19<sup>ème</sup> siècle comme moyens de lutte contre la pauvreté, par des personnes victimes d’exploitation des humains par des humains, et d’exclusion sociale. Quelques repères permettent de bien situer l’évolution :</p>
<ul>
<li>En 1844      est créée <a title="Équitables Pionniers" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quitables_Pionniers">Équitables Pionniers</a> en Angleterre.</li>
<li>En 1884 naît l&#8217;ancêtre de la Confédération      Général des <a title="SCOP" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/SCOP">SCOP</a>,      la Chambre Consultative des Associations Ouvrières de Production.</li>
<li>En 1847 <a title="Friedrich Wilhelm Raiffeisen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Wilhelm_Raiffeisen">Friedrich Wilhelm Raiffeisen</a> crée une boulangerie coopérative en Allemagne</li>
<li>En 1895,      l&#8217;<a title="Identité coopérative" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Identit%C3%A9_coop%C3%A9rative">identité coopérative</a> est déclarée par      l&#8217;<a title="Alliance coopérative internationale" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_coop%C3%A9rative_internationale">Alliance coopérative      internationale</a></li>
<li> En      1966, l&#8217;OIT adopte une recommandation sur les coopératives pour les pays      en voie de développement<sup><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coop%C3%A9rative#cite_note-7#cite_note-7">[8]</a></sup>.</li>
<li> En      1995, l&#8217;ONU proclame la <a title="Journée internationale des coopératives" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_des_coop%C3%A9ratives">Journée internationale des      coopératives</a>, célébrée chaque année le premier samedi de      Juillet, et ce depuis 1923 par l&#8217;<a title="Alliance coopérative internationale" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_coop%C3%A9rative_internationale">ICA</a><sup>[]</sup>.</li>
</ul>
<p>Timidement implantée en Europe occidentale où la révolution industrielle avait engendré la misère des artisans et des petits exploitants agricoles incapables de faire face aux industriels et aux grands fermiers, les coopératives se sont rapidement répandues en Amérique du nord au cours du même siècle  et par la suite dans les colonies d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud au 20<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p>Pendant que ce type d’entreprise a prospéré dans le monde occidental en concurrence avec les entreprises du type capitaliste, le monde socialiste et les pays en développement ont assisté à une instrumentalisation des entreprises coopératives par les pouvoirs publics. Ainsi, les coopératives perdront leurs principes fondamentaux, notamment leur autonomie et leur indépendance,  la liberté d’adhérer……etc. Cette situation a perduré durant  toute la période coloniale en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais aussi pendant les premières années d’indépendance politique. La même situation pouvait être observée dans les pays socialistes où les coopératives étaient des instruments des pouvoirs publics. Les coopératives bénéficiaient souvent d’une situation de monopole octroyé de facto et artificiellement par l’Etat.</p>
<p>Avec les politiques d’ajustement structurel imposé aux pays en développement par les institutions de Brettons Wood  les Etats se sont trouvés dans une obligation de libérer le marché et d’abandonner les coopératives à leur sort face à la concurrence des autres entreprises. Un phénomène semblable s’est produit dans les pays ex-socialiste qui se sont orienté vers l’économie du marché. C’est alors que les faiblesses des coopératives délaissées ont conduit à une mauvaise image de celles-ci, au point que le mot « coopérative » était devenu synonyme d’échecs. Dès lors des bailleurs des fonds qui pourtant avaient auparavant déboursé des sommes colossales pour le développement des coopératives se sont mis à se méfier du vocable « coopérative » qu’ils ont substitué par « association », « organisations paysannes », « groupements », « les institutions des micros crédit » etc.</p>
<p>A la fin du 20<sup>ème</sup> siècle et au début du  21<sup>ème</sup> siècle, tout le monde s’accorde à constater que les associations, les groupements, les organisations paysannes, les institutions de micro finance sont à 90% des coopératives. Tout le monde constate le développement harmonieux des coopératives là où l’environnement favorable existe pour toute forme d’entreprise. Cette prise de conscience a conduit à un <em>renouveau  coopératif.</em> C’est ainsi qu’aussi bien au niveau international que régional des instruments ont été conçus pour promouvoir les coopératives<strong>. </strong>Les recherches ont démontré que les coopératives qui respectaient les principes coopératifs ont mieux résisté à la récente crise financière et économique que les autres formes d’entreprise.<a href="#_ftn3">[3]</a></p>
<p>Des hautes institutions au niveau mondial et régional ont redécouvert les coopératives comme formule de développement et moyens de lutte contre la pauvreté et élaboré des instruments pour leur promotion en vue de garantir leur avenir. Commencé à la fin du XX<sup>ème</sup> siècle par la révision des principes coopératifs qui a débouché  sur la Déclaration sur l’Identité Coopérative adoptée en 1995 par l’Assemblée  Générale de l’Alliance Coopérative Internationale, la préoccupation de la communauté internationale pour la promotion des coopératives s’est accélérée au début du XXI<sup>ème</sup> siècle. Cette accélération s’est traduite  par l’adoption des instruments ci-après :</p>
<p>-         Directives A/56/73 visant à créer un environnement propice au développement des coopératives adoptées en 2001 par l’Assemblée Générale des Nations-Unies(ONU).</p>
<p>-         Résolution 56/114 concernant le rôle des coopératives dans le développement social adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies (ONU),  en 2002 ;</p>
<p>-         La Recommandation 193 concernant la promotion des coopératives adoptée en 2002 par la Organisation Internationale du Travail (OIT) ;</p>
<p>-         Le Plan d’Action Décennal de Lutte contre la Pauvreté par la Promotion de l’Entrepreneuriat Coopératif adopté en 2000 par la Conférence Panafricaine Coopérative (CPC) ;</p>
<p>-         La Communication de l’Union Européenne (UE) sur la promotion des sociétés coopératives adoptée en 2004 ; et enfin en cours d’élaboration,</p>
<p>-         L’Acte Uniforme sur les Sociétés coopératives en préparation par l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA)</p>
<p>De plus, le sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté tenu à Ouagadougou du 3 au 9 septembre 2004 reconnaît dans la Déclaration sur l’Emploi et la Lutte contre la Pauvreté que efforts déployés actuellement dans le cadre de la réduction de la pauvreté et de création d’emploi par…….., les coopératives…sont insuffisantes  et recommande à plusieurs reprise dans Le Plan d’Action pour la Promotion de l’Emploi et de la lutte Contre la Pauvreté de favoriser le développement des coopératives et le mouvement associatif de jeunes et des femmes</p>
<p>Après avoir instauré depuis plus de … ans le 1<sup>er</sup> samedi du mois juillet de chaque année comme Journée internationale des coopératives, l’ONU vient de proclamer 2012 l&#8217;<a title="Année internationale des coopératives" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9e_internationale_des_coop%C3%A9ratives">année internationale des coopératives</a><sup>[]</sup></p>
<p>Les Etats-Unis d’Amérique qui célèbre octobre comme mois national des coopératives USA depuis 1930 vient d’utiliser la formule coopérative dans le cadre de sa réforme de la réforme de la sécurité sociale réalisée par président Obama. Il s’agit de la<strong> «</strong><strong> </strong><strong>Création de « coopératives ou bourses d’assurance » dirigées par chaque état, auxquelles toutes les compagnies d’assurance opérant dans l’État devront participer</strong><strong>.</strong></p>
<p>Les personnes qui ne sont pas assurées par leur employeur ou qui travaillent dans des entreprises de moins de 50 employés seront autorisées à souscrire leurs polices sur ces marchés. Ceux qui n’en ont pas les moyens seront aidés par le gouvernement. Ces coopératives seront soumises à une commission dirigée par un secrétaire nommé par le gouvernement. Cette commission fixera les règles et sélectionnera les polices d’assurance autorisées dans l’état<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p><strong>6. Court historique, état des lieux et perspectives </strong></p>
<p>6.1 Court historique et état des lieux</p>
<p>Les activités économiques et sociales de l’Afrique postcoloniale étaient basées sur des forme traditionnelles de coopération notamment les groupe de travail rotatif dans les champs, pour la construction des maisons, des haies etc. Cette forme s’est étendue dans le domaine d’épargne et de crédit  lorsqu’apparurent les pièces de monnaies en Afrique. Ces coopératives autochtones existent encore de nos jours et font parfois concurrence au système bancaire dit moderne<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p>Au lieu de contribuer au développement de ces coopératives initiées par les africains les colons avaient préféré initier une forme hybride qui ne correspondait ni au modèle de coopérative autonome, indépendante européenne, ni à la forme autonome, indépendante et démocratique africaine. Il s’agissait des structures « paraétatiques chargées de collecter les produits dits « de rente »destinés à la métropole. Ces coopératives sans vrais coopérateurs ont fonctionné pendant toute la période coloniale sans appartenir en réalité aux membres qui n’avaient pratiquement aucun droit de décision. Après les indépendances, les jeunes Etats on continué la politique coloniale dans leur grandes majorité. C’est l’avènement du programme d’ajustement structurel imposé par les institutions de Brettons Wood qui mettra fin à l’influence excessive des Etat dans les coopératives.</p>
<p>Cependant, des coopératives autonomes ont été créées dans des domaines autres qu’agricoles avec beaucoup de succès, on peut citer les coopératives d’habitat au Sénégal Nigéria, Les banques coopératives et les coopératives d’assurance au Kenya, les coopératives d’épargne et crédit dans plusieurs pays africains.</p>
<p>Aujourd’hui le développement des coopératives africaines est confronté à un certain nombre d’obstacles parmi lesquels :</p>
<ul>
<li>La discrimination des entreprises coopératives qui les empêche d’opérer dans certains domaines, ainsi, alors que les  directives des Nations-Unies, la recommandation de l’OIT stipulent que « les coopératives opèrent dans tous les secteurs de l’économie, le code des assurances des Etats membres de la Conférence Internationale des Marchés d’Assurance (CIMA) ne prévoit pas la forme coopérative. Les réglementations de plusieurs banques centrales ne permettent pas la création des banques sous forme coopérative. Ainsi en Afrique centrale, les coopératives qui ont voulu exercer les activités bancaires ont été obligées de se transformer en sociétés anonymes.</li>
<li>L’absence des structures faîtières chargées de représenter les coopérateurs et de défendre les intérêts du mouvement aussi bien au niveau continental que dans la plus part des pays.</li>
<li>L’absence d’institutions de financement spécialisées dans les coopératives</li>
<li>L’absence de système d’audit spécialisé dans les pratiques coopératives</li>
<li>L’insuffisance des institutions de formation en entrepreneuriat coopératif. Pour le moment seules l’Université Africaine de Développement Coopératif (UADC) de basée à Cotonou et le University Cooperative College de Moshi en Tanzanie dispensent à titre principal des formations coopératives de niveau universitaire. L’UADC vent d’ailleurs d’ouvrir un cycle d’études doctoral ouvert aussi bien aux francophones qu’aux anglophone. La première promotion d’une dizaine de doctorants comptera 2 anglophones.</li>
<li>Absence de politiques coopératives dans plusieurs pays.</li>
</ul>
<p><strong> </strong></p>
<p>Afin de faire face à ces obstacles, les Etats africain devraient créer un environnement favorable au développement des coopératives, en tant que formule appropriée pour un développement économique et social du continent pour cela il faudrait développer des perspectives appropriées :</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>6.2 Perspectives. </strong></p>
<p>Compte tenu d’une part de l’importance que les coopératives peuvent jouer dans le cadre de relèvement des défis pour le développement économique et social durable de l’Afrique et d’autre part des obstacles qu’elles rencontrent actuellement dans le continent pour jouer pleinement ce rôle, un engagement politique en vue d’une réforme coopérative s’impose. Il s’agira d’une approche participative et concertée impliquant toutes les parties prenantes. Cette réforme touchera en particulier les domaines ci-après :</p>
<ul>
<li>Politique,</li>
<li>Législation</li>
<li>Cadre institutionnel</li>
<li>Fiscalité</li>
<li>Les services d’appui</li>
<li>Recherche, éducation, formation et information</li>
<li>Audit coopératif social et sociétal</li>
<li>Financement</li>
</ul>
<p>Cette réforme se ferait aisément dans le cadre d’un concertalisme économique basé sur la concertation de toutes les parties prenantes et caractérisé par l’absence de toute dictature qu’elle vienne de l’Etat, des entrepreneurs, des l’employés ou des consommateurs qui seraient alors tous appelés à se concerter en permanence dans un esprit de « donnant-donnant et  gagnant-gagnant » pour la prise des décisions pour lesquelles ils deviennent coresponsables.</p>
<p><strong>Figure 2</strong>. Schéma simplifié du concertalisme.<a href="#_ftn6">[6]</a></p>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td width="282" height="2"></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Un tel système économique devrait être sous-tendu par la concertocratie, un système politique basé lui aussi sur la concertation permanente entre les autorités étatiques et la société civile.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Figure 3 : </strong>Schéma simplifié de la concertocratie<a href="#_ftn7">[7]</a></p>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td width="131" height="3"></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h1><strong>Etat</strong></h1>
<table cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td width="191" height="14"></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>Société civile</strong></p>
<p>La réalisation de la réforme préconisée devrait se faire à travers un programme continental. In s’agira d’un programme de création d’emplois ruraux et périurbains durable à travers l’entreprenariat</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>7. Programme de création d’emplois décents  ruraux et périurbains à travers l’entreprenariat coopératif en Afrique</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<h1><strong>7.1</strong> Parties prenantes du pilotage du programme</h1>
<p><tt>Les différentes parties prenantes du programme seront les ministères concernés par les activités des coopératives, les bailleurs de fonds, les coopératives, les prestataires des services.</tt></p>
<ul>
<li><tt>· </tt><tt>Les ministères les plus concernés sont ceux qui encadrent la majorité des pauvres.</tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Les bailleurs de fonds qui doivent financer le programme sont de deux catégories : d’une part le bailleur interne qu’est l’Etat qui doit contribuer de façon significative au financement du programme, d’autre part les bailleurs bilatéraux et multilatéraux intéressés à appuyer les efforts du continent africain. </tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Les coopératives sont les plus concernées par le programme. Elles devront gérer les fonds mis à leur disposition de façon rentable de manière à pouvoir les renouveler grâce aux activités pourvoyeuses de revenus durables. </tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Les prestataires de services sont constitués d’autres programmes et projets de réduction de la pauvreté, des consultants, bureaux d’études, d’ONG et de toute personne physique ou morale pouvant offrir son service pour la mise en œuvre du programme.</tt></li>
</ul>
<p><strong> </strong></p>
<h1>7.2  Axes du programme</h1>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Pour pouvoir développer l’entrepreneuriat coopératif  et créer des emplois décents le programme prévoit de relancer le mouvement coopératif dans son ensemble. Pour atteindre ce but, le programme s’articule autour de dix axes complémentaires :</p>
<p>Axe1  Promotion des politiques, législations et un cadre institutionnel</p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Le document de politique nationale coopérative est une base importante pour l’exécution du programme national de création d’emplois ruraux et périurbains. Il est de même pour la législation coopérative. Des efforts sont faits notamment avec l’Acte Uniforme sur les sociétés coopératives dans le cadre de l’OHADA est en voix de formulation. Cet Acte Uniforme sera applicable dans les pays membres de l’OHADA qui sont actuellement au nombre de 16 seulement. Des efforts sont faits également dans d’autres pays mais il reste encore beaucoup à faire. La formulation des politiques, des législations devrait se faire comme suit : </tt></p>
<ul>
<li><tt>· </tt><tt>Impliquer les coopératrices et coopérateurs à la collecte et traitement des données de base grâce à des ateliers régionaux au cours desquels les concernés s ‘exprimeront librement sur leurs problèmes à la base ;</tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Impliquer les différents départements ministériels concernés par la promotion coopérative, ainsi que les partenaires au développement dans un atelier national devant faire des recommandations pour élaborer la politique nationale coopérative ;</tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Formuler un guide de vulgarisation de la politique nationale ;</tt></li>
<li><tt>· </tt><tt>Formuler des plans d’action sectoriels basés sur la politique nationale coopérative.</tt></li>
</ul>
<p><tt> </tt></p>
<p>Plusieurs départements ministériels ont des coopératives ou organisations assimilées sous leur autorité, mais sans qu’il y ait une vraie coordination de l’action coopérative. Par ailleurs, les structures d’encadrement des coopératives n’ont pas de capacités humaines et matérielles pour accomplir leurs missions. La clarification et l’appui institutionnel  permettront au niveau des autorités de mener des actions coordonnées dans le cadre d’une politique de décentralisation et de déconcentration qui facilite le développement local dans le pays.  Ce volet du programme consistera à analyser le dysfonctionnement de l’action coopérative, la conception des textes appropriés, l’affectation des ressources humaines et matérielles nécessaires et le perfectionnement et le recyclage permanents du personnel affecté.</p>
<h2>Axe 2. Identification des activités porteuses pour les coopératives</h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Pour donner la chance de réussite au programme de création d’emplois à travers l’entreprenariat coopératif, la maîtrise des domaines ayant des créneaux porteurs est indispensable. En effet, l’une des causes des échecs des coopératives par le passé est attribué au fait que les coopérateurs s’engageaient dans des domaines dictés par l’Etat tel que la production des cafés et cacao sans connaissance préalable sur la rentabilité de leurs activités à entreprendre. Ce volet consistera à identifier en milieu rural comme en milieu péri urbain, notamment dans l’économie informelle, les activités à forte rentabilité pour les coopératives.</p>
<h2>Axe 3. Promotion de l’emploi des jeunes</h2>
<p>Offrir aux jeunes la possibilité d’accéder à un emploi décent dès leur arrivée dans la vie active contribuerait à les préserver du cercle vicieux du chômage, des conditions de travail médiocres, de la pauvreté et du découragement qui compromet l’avenir de la société africaine tout entière. Il s’agira d’une part de leur donner des possibilités d’accéder aux emplois et d’autre part de créer eux- mêmes des entreprises dans lesquelles ils seront employés.</p>
<p>A ce propos, des mesures incitant les entreprises existantes à employer les jeunes comme stagiaires ou apprentis seront mises en œuvre. Des programmes de formation adéquate seront initiés pour faciliter leur compétence à accéder aux emplois existants ou à en créer.</p>
<h2>Axe 4. Réinsertion des personnes vulnérables dans le système de production économique.</h2>
<p>Dans les pays africains la pauvreté pèses surtout sur les personnes vulnérables telles que :</p>
<ul>
<li>Les réfugiés,</li>
<li>Les personnes séropositives</li>
<li>Les filles-mère</li>
<li>Les handicapés</li>
<li>Les déplacés</li>
<li>Les démobilisés</li>
</ul>
<p>La meilleure approche à la réinsertion est une approche globale centrée sur l’emploi et ayant comme composantes principales : des programmes de promotion de l’emploi indépendant ou rémunérés, le développement de petites et de micro-entreprises ; de construction et de réhabilitation des infrastructures à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) ; d’activités génératrices de revenus (AGR), et une formation professionnelle visant à identifier les possibilités d’emploi.</p>
<p>Dans la plupart des cas, ces personnes devraient opter pour la création d’emploi par eux-mêmes. Pour mieux les aider dans ce sens, l’orientation professionnelle pour le choix des domaines de formation et d’activités doit être précédée par une analyse approfondie du marché local et des filières d’emplois dans les milieux de réinsertion, afin de ne leur offrir que les opportunités réalistes de leur milieu de réinsertion. Les personnes séropositives non encore malades doivent être aussi bénéficiaires de cette réinsertion.</p>
<p>Le secteur agricole (agriculture, élevage, pêche et activités connexes) devrait absorber la plus grande partie des démobilisés. Les emplois indépendants dans des activités non agricoles du secteur rural, urbain et non structuré constituent une alternative plausible  aux activités dans le secteur agricole. Cela peut conduire à la création d’une petite entreprise,  d’un commerce, ou d’une coopérative. Dans ce cas, une formation à la gestion, à l’éducation coopérative, un développement des qualifications nécessaires, des services de conseil et de soutien techniques pourraient s’avérer indispensables.</p>
<h2>Axe 5. Intégration des pratique, recherche et enseignement coopératifs dans les programmes scolaires et universitaires</h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>L’école est le lieu par excellence pour cultiver l’esprit d’entreprise à la génération future. L’introduction dans les programmes scolaires et universitaires  des pratiques, de la recherche et de l’enseignement coopératifs, telle que demandée dans tous les instruments de promotion coopérative,  adoptés par l’ONU, l’OIT, la CPC, l’UE,  facilitera  la compréhension par les jeunes des atouts et des contraintes des entreprises coopératives. Il s’agira de promouvoir les coopératives scolaires et universitaires, de donner des sujets de recherche pour les mémoires et les thèses sur la coopérative et d’intégrer les matières coopératives telles que les principes coopératifs, l’économie coopérative, la gestion d’entreprises coopératives, l’entrepreneuriat coopératif, la sociologie des coopératives, le droit coopératif dans l’enseignement à tous les niveaux (primaire, secondaire technique et général, supérieur général et professionnel)<a href="#_ftn8">[8]</a></p>
<h2>Axe 6. Promotion du financement adapté aux besoins des coopératives</h2>
<p>Le système financier composé des banques et des assurances classiques ne répond pas aux besoins des coopératives ; les montants de crédits sollicités par les coopératrices et les coopérateurs sont considérés par les banques classiques comme trop faibles et engendrant trop de frais ; les coopératives n’ont pas toujours les garanties exigées par les banques. Les expériences passées qui consistaient à créer des fonds de l’Etat pour pallier ces insuffisances,  n’ont pas abouti,  entre autres parce qu’elles n’étaient pas les propriétés des bénéficiaires et que le pouvoir de contrôle leur a échappé en conséquence.</p>
<p>Ce volet consistera à appuyer les coopératives performantes dans tous les secteurs  à mettre en place une caisse centrale chargée de canaliser les épargnes des coopératives-membres et à leur accorder des crédits. Parallèlement, une structure de caution mutuelle mise en place par les mêmes coopératives permettra de sécuriser l’épargne et les crédits de la caisse centrale. Pour éviter ou tout au moins limiter les détournements et les trafics d’influence, la caisse centrale ne travaillera qu’avec les coopératives-membres. Seules les coopératives d’épargne et de crédit membres  pourront octroyer des crédits financiers aux personnes physiques ou morales  membres des coopératives. Les autres coopératives membres non spécialisées en épargne et crédit bénéficieront-elles aussi des crédits auprès de la caisse centrale mais ne pourront  octroyer que les crédits fournisseurs ou crédits clients en nature comme le font toutes les entreprises commerciales.</p>
<h2>Axe .7. Promotion d’un système d’assurance mutuelle adapté aux besoins du continent</h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Les assurances classiques ne s’intéressent pas aux pauvres et à leurs activités. Afin de  permettre à cette catégorie de population de couvrir certains risques et sécuriser leurs épargnes et crédits, le programme développe un système d’assurance mutuelle. Cette mutuelle s’adressera aux artisans, petits commerçants, ouvriers agricoles qui n’ont pas accès au système d’assurance classique. Sa performance pourra conduire à attirer même les personnes assurées par le système classique. L’expérience des coopératives d’épargne et de crédit permet de croire à cette affirmation. L’avantage de cette forme d’assurance est que les bénéficiaires sont en même temps copropriétaires de l’entreprise d’assurance.</p>
<h2>Axe.8. Promotion des structures de renforcement les capacités entrepreneuriales et managériales des coopératives existantes et à créer,</h2>
<h2>Le premier facteur de réussite d’une entreprise est la qualité des hommes  et des femmes  qui la créent,  la gèrent et y travaillent.  En ce qui concerne les coopératives, le terme «ressources humaines » ne s’applique pas aux seuls employés, mais s’étend aux membres qui en font partie de par leur collaboration directe à l’atteinte des résultats de l’entreprise collective grâce à leur double nature de copropriétaires et usagers. Ces ressources humaines doivent bénéficier des informations, de l’éducation de la formation, du perfectionnement et des   conseils pour être performantes. Les activités des coopératives devront bénéficier d’un système d’audit approprié et à moindre coût; ce que n’offre pas le système privé. Ce volet consistera à appuyer la mise sur pied par des coopératives d’un centre chargé de gérer l’ensemble de services de renforcement de capacités. Ce centre travaillera en étroite collaboration avec la caisse centrale des coopératives, notamment en les conseillant dans l’élaboration des études de faisabilité des projets devant bénéficier du prêt de la caisse. La structure s’occupera de l’information, l’éducation/formation, le perfectionnement, le conseil et l’audit.</h2>
<h2>Axe.9. Création d’emplois et d’auto emplois décents dans les coopératives performantes.</h2>
<p>Les bénéficiaires du programme se trouvent avant tout au niveau local, c’est-à-dire dans les villages et les quartiers des grandes villes du pays. C’est pour cela que ce volet vise à appuyer directement des initiatives coopératives dans tous les départements et tous les secteurs porteurs par des actions pilotes susceptibles d’être repiquées à grande échelle en cas de résultats positifs.</p>
<p>Ces actions couvriront les domaines tels que l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’artisanat, l’habitat, les travaux à haute intensité en main-d’œuvre, l’épargne et crédit, les assurances …etc. Il s’agira d’identifier les secteurs porteurs et des initiatives en cours  ou à encourager à la demande des coopérateurs avec des dossiers convaincants. L’appui pourra porter sur l’information, l’éducation, le conseil, le perfectionnement, le  financement en collaboration avec le volet caisse centrale et centre de perfectionnement. Ces activités seront d’ailleurs transférées à ces unités lorsqu’elles seront  opérationnelles et outillées.</p>
<h2>Axe10. Développement des liens entre les coopératives et les partenaires sociaux<span style="text-decoration: underline;"> </span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>La coopérative doit s’intégrer dans le circuit économique pour contribuer à son développement et bénéficier des appuis des partenaires sociaux. La Recommandation 193 de l’OIT concernant la promotion des coopératives accorde une place très importante aux organisations d’employeurs et des travailleurs. Les coopératives en tant qu’employeurs devraient adhérer aux organisations d’employeurs et les employés des coopératives aux syndicats de travailleurs.  Ce volet vise à accompagner les coopératives dans leurs actions en direction des partenaires sociaux. Les organisations faîtières des coopératives une fois mises en place pourront jouer un rôle déterminant à ce propos en collaborant  avec les  organisations faîtières des travailleurs et des employeurs.</p>
<p><tt><strong>8. Impact du Programme</strong></tt><tt><strong> </strong></tt></p>
<p>Le programme aura un impact certain sur le revenu national compte tenu de son incidence sur <tt> le revenu des consommateurs, sur la fiscalité, sur l’emploi décent, sur le financement de l’économie. C’est sur l’exportation, sur le logement, ainsi que sur le réseau routier et </tt>sur le revenu des consommateurs</p>
<h2>8.1. Impact sur le revenu</h2>
<p><tt>Les emplois à créer annuellement dans des entreprises coopératives dans le cadre de ce programme contribueront à l’augmentation du revenu de leurs membres ainsi que celui des employés de ces coopératives.  Il permettra aux employés et aux membres des coopératives de jouir d’une certaine sécurité et d’une indépendance grâce à un travail décent qui leur assure par ailleurs la satisfaction de leurs besoins fondamentaux.</tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p>En offrant un revenu aux employés et aux membres des entreprises coopératives, le programme contribuera à accroître la consommation des biens et services produits par lesdites entreprises, notamment dans le domaine de l’habitat et du logement, ce qui aura une incidence sur la croissance de l’économie.<tt></tt></p>
<h2>8.2. Impact sur les rentrées fiscales</h2>
<p>De même que les entreprises coopératives à créer dans le cadre de ce programme seront soumises à l’impôt sur le bénéfice des sociétés, les emplois qu’elles créeront seront, de leur côté, assujettis à l’impôt sur les rémunérations. Par ailleurs, la consommation des biens produits sur le plan interne comme ceux issus des importations, rendue possible grâce aux revenus distribués par les entreprises coopératives, donnera lieu à divers impôts : droits de passage, taxes à l’importation et à l’exportation, taxes sur la valeur ajoutée etc.. Le programme contribuera ainsi à élargissement de l’assiette fiscale.</p>
<h2>8.3. Impact sur l’emploi décent</h2>
<p><tt>Les estimations sommaires sur le potentiel de création d’emplois par le programme montrent des possibilités immenses. Etant exclusivement orienté vers la création d’emplois, le programme permettra donc de réduire de façon substantielle directement, et indirectement par conjugaison avec les autres programmes du pays, et réduira le niveau actuel du chômage dans les pays africains. Grâce à la dynamique insufflée par le programme, le mouvement de création des emplois se poursuivra après la durée de ce dernier. </tt></p>
<h2>8.4. Impact sur le financement de l’économie par l’épargne domestique</h2>
<p>Une partie des salaires perçus par les employés et les membres des coopératives  en contre partie de leur offre de services aux entreprises coopératives constitueront l’épargne sans laquelle il ne peut y avoir d’investissement  au plan interne. En effet, l’épargne ainsi collectée bénéficiera en premier lieu aux épargnants eux-mêmes en leur permettant un accès au crédit et donc la possibilité d’investir dans le secteur coopératif.</p>
<p>Par ailleurs, le programme prévoit la relance du système de financement par <tt>les coopératives d’épargne et de crédit pour permettre </tt></p>
<p><tt>- </tt><tt>la collecte et la sécurisation de ladite épargne</tt></p>
<p><tt>- </tt><tt>L’instauration de la confiance envers les institutions de financement et le retour progressif au système bancaire classique sans lequel l’économie ne peut fonctionner normalement.</tt></p>
<h2>8.5. Impact sur la diminution d’importation des produits vivriers</h2>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt> L’importation des produits de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, voire du bois, constitue un scandale et un anachronisme inadmissibles en Afrique. La création des coopératives dans les domaines cités, grâce au financement provenant des coopératives d’épargne et de crédit, permettra de réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur et d’orienter les fonds dégagés vers des investissements productifs dans les domaines cités ci avant. Il permettra d’assurer la souveraineté alimentaire dans de nombreux pays africains. </tt></p>
<h2><tt> </tt><tt>8</tt>.6. Impact sur La rentrée des devises grâce à l’exportation</h2>
<p>La relance de la production agricole permettra à coup sûr de dégager un surplus exportable notamment dans le domaine des produits agricole et ligneux. Le programme contribuera donc à l’amélioration de la situation des exportations nationales, et partant, de la balance de paiement.</p>
<h2><tt>8.7. Impact sur le logement<span style="text-decoration: underline;">.</span></tt><tt></tt></h2>
<p><tt>Le problème de l’habit (à construire ou à réhabiliter) demeure l’un des problèmes majeurs à résoudre en Afrique, tant les besoins sont immenses. Seul un programme cohérent d’entrepreneuriat coopératif dans ce domaine est capable de résoudre ce problème. L’accès à un logement sera possible notamment grâce au revenu octroyé par les entreprises coopératives à leurs membres et </tt>employés. <tt></tt></p>
<h2><tt> </tt></h2>
<h2><tt> </tt></h2>
<h2><tt>8.8. Impact sur le réseau routier.</tt><tt></tt></h2>
<p><tt><strong> </strong></tt></p>
<p><tt>Dans certains coins d’Afrique des expériences sont tentées par des ONG pour l’entretien des tronçons de route grâce au système de péage </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Le programme prévoit la création des coopératives des travailleurs pour l’entretien voire la construction des routes par la méthode HIMO. En rendant ces routes praticables, le programme aura contribué à faciliter. </tt></p>
<p><tt>- </tt><tt>la circulation des personnes et des biens</tt></p>
<p><tt>- </tt><tt>l’écoulement des produits agricoles et artisanaux et leur acheminement vers les centres de négoce</tt></p>
<p><tt>- </tt><tt>le maintient en état et l’amortissement des véhicules de transport pendant plus longtemps que actuellement.</tt></p>
<p>-         <tt>L’approvisionnement des milieux ruraux en produits manufacturés de première nécessité à des meilleurs prix.</tt></p>
<h1><strong>9. Pérennisation du programme</strong><strong> </strong></h1>
<p><tt>La pérennisation du programme est effective si à la fin de celui-ci, les acquis sont consolidés grâce à l’auto renouvellement des ressources financières et humaines engagées pour sa mise en œuvre.</tt></p>
<h2><tt>9.1 Mécanisme de pérennisation :</tt><tt></tt></h2>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Afin d’assurer la poursuite de financement des activités des entreprises coopératives à la fin du programme un mécanisme sera mis en place et consistera à déposer dans un compte d’épargne bloqué, le bénéfice issus des activités du programme jusqu’à concurrence du coût de financement initial augmenté des intérêts au taux bancaire du moment. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Il s’agit de démontrer aux financeurs du programme que les fonds mis à disposition se renouvelleront pour permettre la continuité des activités au-delà du programme. C’est pour cela que le programme sélectionnera les activités à forte rentabilité. Pour assurer par ailleurs le maintien du savoir-faire national, le processus de transfert de compétences à travers la formation du personnel national sera réalisé tout le long du programme. </tt></p>
<h2><tt>9.2 Exemple de pérennisation :</tt><tt> </tt><tt> </tt><tt></tt></h2>
<p><tt>Le BIT a beaucoup d’expérience de pérennisation des programmes et projets. Deux exemples de projets appuyés par le BIT permettront de montrer comment on peut réussir la pérennisation des programmes et projets :</tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<ul>
<li><tt>· </tt><tt>Le programme d’Appui Associatif et Coopératif aux Initiatives de Développement  « ACOPAM » est un programme BIT financé par la Norvège et d’autres bailleurs dans le Sahel. Ce programme qui a permis de créer des milliers d’emplois et d’auto emplois au Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Sénégal grâce à un encadrement sérieux a su pérenniser ses acquis sur le terrain. Pour un financement de 50.000.000 $ octroyés par la Norvège plusieurs actions ont été conduites en partenariat avec d’autres interventions et donateurs. Le programme avait duré vingt et un ans (de 1978 à 1999) et avait bénéficié à plus de 85.000 ruraux groupés dans plus de 2000 organisations paysannes de base (coopératives, associations, groupements) elles-mêmes regroupées le plus souvent au sein des structures faîtières fédératives chargées de la coordination de leurs activités. </tt></li>
</ul>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt> De plus beaucoup d’anciens cadres du programme avaient créé des structures d’encadrement et demandé leur départ du programme. </tt></p>
<p><tt> En guise de pérennisation, tous les bénéficiaires du programme avaient acquis des compétences qui rendaient enfin la poursuite de l’apport en expertise inutile. La dernière phase du programme appelée phase de désengagement  s’était attelée à la préparation de cette pérennisation. Parallèlement à cette pérennisation de l’expertise, le programme avait développé chez les bénéficiaires les capacités de financement propre, d’autofinancement et de recherche de financement extérieur qui devaient leur permettre de continuer à fonctionner normalement en l’absence des fonds du programme.</tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<ul>
<li><tt>· </tt><tt>Le projet Associations de Base à Vocation Economique ABVE est un projet BIT financé par le PNUD au Tchad. Ce projet qui a duré plus de 13 ans (de 1990 à 2003)et a bénéficié à des milliers de pauvres  dans un pays constamment en guerre civile. Le projet a coûté près de 3.000.000 $. Deux volets de ce projet ont eu un succès remarquable : </tt></li>
</ul>
<p><tt>a) </tt><tt>le  volet «Coopérative de femmes tisserandes COTIMAF» </tt></p>
<p><tt>b) </tt><tt>Le volet Union des Coopératives d’Epargne et de Crédit « URCOOPEC».</tt></p>
<p><tt>Pour ce qui est du volet COTIMAF, on note une pérennisation financière en ce sens qu’à la fin du projet, la coopérative continue de fonctionner normalement parce que le projet a transféré les infrastructures (bâtiments et métiers à tisser) à la coopérative. Par ailleurs, le projet a formé un personnel féminin qui a pris la relève des experts du projet. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Quant au volet URCOOPEC qui regroupait en 2002 dans la ville de N’Djamena et ses environs plus de 15.000 membres dont 30% des femmes, il a mobilisé près d’un milliard de Franc CFA et avait un en cours de crédit  de près de 500 millions de Francs  CFA pour un taux de remboursement de près de 97%. L’Union fonctionne aujourd’hui avec ses propres ressources financières et humaines depuis la fin du projet. </tt></p>
<h2>9.3. P<tt>érennisation financière du programme.</tt></h2>
<p><tt>La pérennisation financière sera différente selon les catégories financières des volets du programme : Il y a des volets qui ne pourront jamais générer des fonds propres et pour lesquels la pérennisation financière proviendra du budget de l’Etat congolais. Il s’agit du premier volet relatif à la politique et au cadre institutionnel et du second volet relatif à la culture coopérative en milieu scolaire et universitaire. Mais il s’agit aussi des volets qui vont mener des activités qui vont s’arrêter avec la fin du projet. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>En effet, une fois la politique nationale des coopératives adoptées et le cadre institutionnel arrêté, il faudra du temps pour songer à revoir ces deux éléments. Il suffira de quelques appuis financiers de l’Etat pour l’application de la politique et la mise en œuvre du cadre institutionnel. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Le même raisonnement va pour le volet  relatif à la culture coopérative. En effet, une fois que les pratiques, la recherche et l’enseignement des coopératives auront intégrés dans les programmes scolaires et universitaires, il faudra encore beaucoup de temps pour les reformuler. Il suffira que l’Etat donne un appui financier dans le cadre de sa fonction régalienne pour faire fonctionner le programme.</tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Les autres volets concernent la création d’entreprises coopératives et d’institutions pour lesquelles les membres doivent apporter leurs parts sociales. Ce sont ces parts sociales qui constituent le capital dont a besoin toute entreprise pour fonctionner. La Caisse centrale des coopératives, les coopératives d’assurance mutuelles, les centres de formation et d’information, les micro entreprises ne peuvent survivre que si elles sont rentables. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Or,  comme il s’agit d’initiatives de personnes pauvres, leur capital propre est basé sur l’importance du nombre des membres selon le principe d’économie d’échelle. Pour ces volets, les fonds provenant du programme permettront d’avoir une base de démarrage, mais au fur et à mesure que les membres adhéreront à ces structures, ils constitueront le capital qui permettra de rembourser l’apport du programme. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>En plus les excédents dégagés par ces structures coopératives permettront aussi d’asseoir une base solide du capital contribuant ainsi à la pérennisation financière du programme. Cette pérennisation financière doit être progressive, en effet si la première année du programme l’apport des bénéficiaires est faible et peut se situer à 1%, on devra atteindre une appropriation financière de l’ordre de 50% en l’an 4 du projet pour arriver à 99% en l’an 6 du projet et enfin à 100%  pendant que l’apport du projet suit un rythme opposé allant de 99% au départ, à 0% à la fin du programme. </tt></p>
<h2>9.4. <tt>Pérennisation des ressources humaines du programme</tt><tt>.</tt></h2>
<p><tt>La pérennisation des ressources humaines consistera d’une part à renforcer les capacités des fonctionnaires pour les rendre capables de fournir efficacement les services relevant des fonctions régaliennes de l’Etat, et  que le  mouvement coopératif est en droit d’attendre (mise en œuvre de la politique et application des lois, fournitures des statistiques fiables, formation dans les matières coopératives dans les établissements publics primaires, secondaires et supérieurs). Cette pérennisation se fera au niveau de deux premiers volets du programme centrés sur la politique, le cadre institutionnel et la culture coopérative en milieu scolaire et universitaire.</tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>La pérennisation des ressources humaines dans les autres volets consistera à former les personnels des entreprises et structures coopératives en vue du remplacement des experts nationaux et internationaux du programme. </tt></p>
<p><tt>La meilleure pérennisation se fait lorsque les experts nationaux deviennent personnels des structures mises en place avec l’aide du programme. Il est prévu que les experts internationaux se retirent après la quatrième année, ce qui constitue un début de pérennisation des ressources humaines du programme. </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Souvent le problème causé par le faible montant de rémunération du personnel dans les coopératives fait que les experts nationaux qualifiés  avec une expérience du programme quittent les structures mises en place par le programme. Pour éviter ou tout au moins réduire ce phénomène, il sera important que les entreprises coopératives créées adaptent leur politique salariale à la moyenne nationale et pourquoi pas se hisser parmi les meilleurs si elles font des excédents conséquents ? </tt></p>
<p><tt> </tt></p>
<p><tt>Au-delà de la prise en main du programme par les experts nationaux et du retrait des experts internationaux, la pérennisation passera nécessairement par l’intériorisation des valeurs coopératives et de développement au niveau des coopératrices et coopérateurs de la culture  d’affaires. Elle sera également conditionnée par la mise en place d’un environnement physique, institutionnel, macro-économique et juridique propice aux affaires. </tt></p>
<h2>10. Conditions de réussite de l’entreprenariat coopératif</h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>Trois conditions minima doivent être remplies pour contribuer à la réussite de l’entreprenariat coopératif.</p>
<p>Il s’agit de :</p>
<p>(1) La <strong>bonne gouvernance coopérative</strong> qui consiste en un système complet et transparent de règles, processus et procédures assurant la protection des droits des coopératrices et coopérateurs dans la connaissance, la prise de décisions, la responsabilité et les actions  qu’ils entreprennent pour diriger l’entreprise dont ils sont copropriétaires. Les éléments de la gouvernance coopérative sont composés des différents organes (Assemblée générale, Conseil d’Administration, Conseil de Surveillance, Comités…);</p>
<p>(2)  <strong>l’autonomie de gestion </strong>à savoir l’art de diriger sans ingérence externe les activités d’un groupe des coopérateurs et coopératrices vers un objectif arrêté de commun accord, conformément aux principes coopératifs. Les managers doivent être désignés par les seuls membres habiletés, et leur rendre compte <strong>;</strong> et enfin</p>
<p>(3)  <strong>l’audit</strong> <strong>et contrôle interne/audit externe/audit social/audit sociétal </strong> qui consistent respectivement à contrôler l’organisation interne pour prévenir et détecter les erreurs et les fraudes, l’intervention d’un professionnel externe pour les mêmes raisons, la situation des employés dans la coopérative et finalement le degré de promotion des membres par leur entreprise coopérative<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>11. OBJECTIFS COOPERATIFS DU CENTAENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT ECONOMIC ET SOCIAL DURABLE DE L’AFRIQUE</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Dans les prochaines 50 ans à savoir d’ici 2060, l’Afrique fêtera son centenaire. Il est souhaitable que le cinquantenaire lui donne l’occasion de fixer ses objectifs de développement économique et social de ce centenaire. Les objectifs ci-après concernent les coopératives : </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>o       Les coopératives contribuent à 50% à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. En effet le délai d’atteinte de ces objectifs fixé à 2015 sera forcément prolongé, si on se bas aux évaluations qui en sont faites</p>
<p>o        La pratique, la recherche et l’enseignement coopératifs sont intégrés dans les programmes scolaires et universitaires. Ceci permettra une culture de l’entreprenariat coopératif capable de permettre aux jeunes de bénéficier des avantages qu’offrent les coopératives pour le développement</p>
<p>o       Les coopératives jouissent des mêmes traitements que toutes les autres formes d’entreprises auprès des autorités nationales et opèrent dans tous les secteurs de l’économie. Ceci permettra aux coopératives d’exercer dans des secteurs pour lesquels elles éprouvent des obstacles notamment les secteurs bancaires et d’assurance</p>
<p>o       Les coopératives contribuent à 50% à la création d’emplois et d’auto-emplois décents ruraux et périurbains, notamment en servant de charnière entre l’informel et le formel et, entre le rural et l’urbain.</p>
<p>o        La Banque africaine de Développement des Coopératives et des Collectivités locales fournit des services financiers dans les Etats. Les coopératives africaines ont besoin de cette banque pourvue de trois fonds d’investissement, de développement et de cautionnement pour les coopératives</p>
<p>o       Le mouvement coopératif africain s’est doté d’une structure fédérative de représentation et de défense des intérêts des coopératrices et coopérateurs au niveau continental. Car pour le moment quatre structures faîtières coexistent actuellement sans qu’aucune ne représente la moitié des pays africain : La conférence Panafricaine Coopérative avec une vingtaine de pays, l’Alliance Coopérative internationale avec une dizaine, l’Association des coopérative des pays lusophones limitée aux cinq pays et la Ligue des coopératives arabes limité au Maghreb.</p>
<h3>R193 Recommandation concernant la promotion des coopératives, 2002</h3>
<p>Recommandation concernant la promotion des coopératives<br />
Lieu:Genève<br />
Session de la Conférence:90<br />
Date d&#8217;adoption:03:06:2002<br />
Sujet: <strong>Politique et promotion de l&#8217;emploi</strong><br />
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Statut: Instrument à jour Cette recommandation a été adoptée depuis 1985 et est considérée à jour.</p>
<p>La Conférence générale de l&#8217;Organisation internationale du Travail,</p>
<p>Convoquée à Genève par le Conseil d&#8217;administration du Bureau international du Travail, et s&#8217;y étant réunie le 3 juin 2002, en sa quatre-vingt-dixième session;</p>
<p>Reconnaissant l&#8217;importance des coopératives pour la création d&#8217;emplois, la mobilisation des ressources et la stimulation de l&#8217;investissement, ainsi que leur contribution à l&#8217;économie;</p>
<p>Reconnaissant que les coopératives sous leurs différentes formes promeuvent la plus complète participation au développement économique et social de toute la population;</p>
<p>Reconnaissant que la mondialisation est pour les coopératives source de pressions, problèmes, défis et opportunités nouveaux et différents et que des formes plus puissantes de solidarité humaine s&#8217;imposent aux niveaux national et international afin de favoriser une répartition plus équitable des bienfaits de la mondialisation;</p>
<p>Notant la Déclaration de l&#8217;OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par la Conférence internationale du Travail en sa quatre-vingt-sixième session (1998);</p>
<p>Notant les droits et les principes inscrits dans les conventions et recommandations internationales du travail, en particulier la convention sur le travail forcé, 1930; la convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948; la convention sur le droit d&#8217;organisation et de négociation collective, 1949; la convention sur l&#8217;égalité de rémunération, 1951; la convention concernant la sécurité sociale (norme minimum), 1952; la convention sur l&#8217;abolition du travail forcé, 1957; la convention concernant la discrimination (emploi et profession), 1958; la convention sur la politique de l&#8217;emploi, 1964; la convention sur l&#8217;âge minimum, 1973; la convention et la recommandation sur les organisations de travailleurs ruraux, 1975; la convention et la recommandation sur la mise en valeur des ressources humaines, 1975; la recommandation concernant la politique de l&#8217;emploi (dispositions complémentaires), 1984; la recommandation sur la création d&#8217;emplois dans les petites et moyennes entreprises, 1998; et la convention sur les pires formes de travail des enfants, 1999;</p>
<p>Rappelant le principe inscrit dans la Déclaration de Philadelphie selon lequel &laquo;&nbsp;le travail n&#8217;est pas une marchandise&nbsp;&raquo;;</p>
<p>Rappelant que la mise en œuvre du travail décent pour les travailleurs, où qu&#8217;ils se trouvent, est un objectif premier de l&#8217;Organisation internationale du Travail;</p>
<p>Après avoir décidé d&#8217;adopter diverses propositions relatives à la promotion des coopératives, question qui constitue le quatrième point à l&#8217;ordre du jour de la session;</p>
<p>Après avoir décidé que ces propositions prendraient la forme d&#8217;une recommandation,</p>
<p>adopte, ce vingtième jour de juin deux mille deux, la recommandation ci-après, qui sera dénommée Recommandation sur la promotion des coopératives, 2002.</p>
<p>I. CHAMP D&#8217;APPLICATION, DEFINITION ET OBJECTIFS</p>
<p>1. Il est reconnu que les coopératives opèrent dans tous les secteurs de l&#8217;économie. La présente recommandation s&#8217;applique à toutes les catégories et formes de coopératives.</p>
<p>2. Aux fins de la présente recommandation, le terme &laquo;&nbsp;coopérative&nbsp;&raquo; désigne une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d&#8217;une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.</p>
<p>3. La promotion et le renforcement de l&#8217;identité des coopératives devraient être encouragés sur la base:</p>
<p>a) des valeurs coopératives, à savoir l&#8217;entraide, la responsabilité personnelle, la démocratie, l&#8217;égalité, l&#8217;équité, la solidarité ainsi qu&#8217;une éthique fondée sur l&#8217;honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l&#8217;altruisme;</p>
<p>b) des principes coopératifs, tels qu&#8217;établis par le mouvement coopératif international et décrits dans l&#8217;annexe ci-jointe. Ces principes sont les suivants: l&#8217;adhésion volontaire et ouverte à tous, le pouvoir démocratique exercé par les membres, la participation économique des membres, l&#8217;autonomie et l&#8217;indépendance, l&#8217;éducation, la formation et l&#8217;information, la coopération entre les coopératives et l&#8217;engagement envers la collectivité.</p>
<p>4. Des mesures devraient être adoptées pour promouvoir le potentiel des coopératives dans tous les pays, quel que soit leur niveau de développement, afin d&#8217;aider celles-ci et leurs adhérents à:</p>
<p>a) créer et développer des activités génératrices de revenus et des emplois décents et durables;</p>
<p>b) mettre en valeur les ressources humaines et développer la connaissance des valeurs, avantages et bienfaits du mouvement coopératif par le biais de l&#8217;éducation et de la formation;</p>
<p>c) développer leur potentiel économique, y compris leur capacité d&#8217;entreprendre et leurs aptitudes à la gestion;</p>
<p>d) renforcer la compétitivité et accéder aux marchés et aux financements institutionnels;</p>
<p>e) accroître l&#8217;épargne et l&#8217;investissement;</p>
<p>f) améliorer le bien-être social et économique, en tenant compte de la nécessité de supprimer toute forme de discrimination;</p>
<p>g) contribuer au développement humain durable;</p>
<p>h) créer et développer un secteur bien particulier de l&#8217;économie, viable et dynamique, comprenant les coopératives, qui répond aux besoins sociaux et économiques de la collectivité.</p>
<p>5. L&#8217;adoption de mesures particulières qui permettent aux coopératives, en tant qu&#8217;entreprises et organisations inspirées par l&#8217;esprit de solidarité, de répondre aux besoins de leurs adhérents et de la société, y compris à ceux des groupes défavorisés afin de les insérer dans la société, devrait être encouragée.</p>
<p>II. CADRE POLITIQUE ET RÔLE DES GOUVERNEMENTS</p>
<p>6. L&#8217;équilibre d&#8217;une société exige qu&#8217;il existe des secteurs public et privé puissants ainsi qu&#8217;un puissant secteur coopératif, mutualiste et autres organisations sociales et non gouvernementales. C&#8217;est dans ce contexte que les gouvernements devraient mettre en place une politique et un cadre juridique favorables, conformes à la nature et à la fonction des coopératives et fondés sur les valeurs et principes coopératifs énoncés au paragraphe 3, visant à:</p>
<p>a) établir un cadre institutionnel permettant un enregistrement des coopératives aussi rapide, simple, peu coûteux et efficace que possible;</p>
<p>b) promouvoir des politiques ayant pour but de permettre la constitution de réserves appropriées, dont une partie au moins pourrait être indivisible, et de fonds de solidarité au sein des coopératives;</p>
<p>c) prévoir l&#8217;adoption de mesures de surveillance des coopératives dans des conditions adaptées à leur nature et à leurs fonctions, qui respectent leur autonomie, soient conformes à la législation et à la pratique nationales et ne soient pas moins favorables que celles applicables à d&#8217;autres formes d&#8217;entreprise et d&#8217;organisation sociale;</p>
<p>d) faciliter l&#8217;adhésion des coopératives à des structures coopératives répondant aux besoins des adhérents des coopératives;</p>
<p>e) encourager le développement de coopératives en tant qu&#8217;entreprises autonomes et autogérées, notamment là où elles ont un rôle important à jouer ou fournissent des services que d&#8217;autres prestataires n&#8217;offrent pas.</p>
<p>7. (1) La promotion de coopératives fondées sur les valeurs et principes énoncés au paragraphe 3 devrait être considérée comme l&#8217;un des piliers du développement économique et social national et international.</p>
<p>(2) Les coopératives devraient bénéficier de conditions conformes à la législation et à la pratique nationales, qui ne soient pas moins favorables que celles dont bénéficient les autres formes d&#8217;entreprise et d&#8217;organisation sociale. Les gouvernements devraient prendre, s&#8217;il y a lieu, des mesures d&#8217;appui en faveur des activités des coopératives qui concernent certains objectifs des politiques sociales et publiques tels que la promotion de l&#8217;emploi ou la mise en oeuvre d&#8217;activités qui s&#8217;adressent aux groupes ou régions défavorisés. Ces mesures pourraient inclure, entre autres et autant que possible, des avantages fiscaux, des prêts, des dons, des facilités d&#8217;accès aux programmes de travaux publics et des dispositions spéciales en matière de marchés publics.</p>
<p>(3) Une attention particulière devrait être apportée à l&#8217;accroissement de la participation des femmes à tous les niveaux du mouvement coopératif, particulièrement au niveau de la gestion et de la direction.</p>
<p>8. (1) Les politiques nationales devraient notamment:</p>
<p>a) promouvoir les normes fondamentales du travail de l&#8217;OIT et la Déclaration de l&#8217;OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail pour tous les travailleurs des coopératives sans distinction d&#8217;aucune sorte;</p>
<p>b) faire en sorte que les coopératives ne puissent pas être créées ou être utilisées aux fins de se soustraire à la législation du travail et ne servent pas à établir des relations de travail déguisées et lutter contre les pseudo-coopératives violant les droits des travailleurs, en veillant à ce que le droit du travail soit appliqué dans toutes les entreprises;</p>
<p>c) promouvoir l&#8217;égalité des sexes dans les coopératives et dans leurs activités;</p>
<p>d) promouvoir des mesures visant à garantir qu&#8217;en matière de travail les coopératives suivent les meilleures pratiques, y compris l&#8217;accès aux informations pertinentes;</p>
<p>e) développer les compétences techniques et professionnelles, les capacités d&#8217;entreprendre et de gérer, la connaissance du potentiel économique et les compétences générales en matière de politique économique et sociale des adhérents, des travailleurs et des gestionnaires, et améliorer leur accès aux technologies de l&#8217;information et de la communication;</p>
<p>f) promouvoir l&#8217;enseignement des principes et pratiques coopératifs et la formation y relative, à tous les niveaux appropriés des systèmes nationaux d&#8217;éducation et de formation et dans l&#8217;ensemble de la société;</p>
<p>g) promouvoir l&#8217;adoption de mesures relatives à la sécurité et à la santé sur le lieu de travail;</p>
<p>h) pourvoir à la formation et à d&#8217;autres formes d&#8217;assistance afin d&#8217;améliorer le niveau de productivité et de compétitivité des coopératives et la qualité des biens et des services qu&#8217;elles produisent;</p>
<p>i) faciliter l&#8217;accès des coopératives au crédit;</p>
<p>j) faciliter l&#8217;accès des coopératives aux marchés;</p>
<p>k) promouvoir la diffusion d&#8217;informations sur les coopératives;</p>
<p>l) chercher à améliorer les statistiques nationales sur les coopératives en vue de leur utilisation pour l&#8217;élaboration et la mise en œuvre de politiques de développement.</p>
<p>(2) Ces politiques devraient:</p>
<p>a) décentraliser la définition et la mise en œuvre des politiques et réglementations concernant les coopératives en les transférant, s&#8217;il y a lieu, aux niveaux régional et local;</p>
<p>b) définir les obligations juridiques des coopératives dans des domaines tels que l&#8217;enregistrement, l&#8217;audit financier et social ainsi que l&#8217;obtention d&#8217;autorisations;</p>
<p>c) promouvoir de bonnes pratiques de gouvernance dans les coopératives.</p>
<p>9. Les gouvernements devraient promouvoir le rôle important des coopératives dans la transformation d&#8217;activités qui ne sont souvent que des activités de survie marginales (parfois désignées par les termes &laquo;&nbsp;économie informelle&nbsp;&raquo;) en un travail bénéficiant d&#8217;une protection juridique et qui s&#8217;intègre pleinement à la vie économique.</p>
<p>III. MISE EN OEUVRE DES POLITIQUES PUBLIQUES DE PROMOTION DES COOPÉRATIVES</p>
<p>10. (1) Les Etats Membres devraient adopter une législation et des règlements spécifiques sur les coopératives, fondés sur les valeurs et principes coopératifs énoncés au paragraphe 3 et réviser cette législation et ces règlements lorsqu&#8217;il y a lieu.</p>
<p>(2) Les gouvernements devraient consulter les organisations coopératives ainsi que les organisations d&#8217;employeurs et de travailleurs concernées sur l&#8217;élaboration et la révision de la législation, des politiques et des règlements applicables aux coopératives.</p>
<p>11. (1) Les gouvernements devraient faciliter l&#8217;accès des coopératives à des services d&#8217;appui en vue de les renforcer et d&#8217;améliorer leur viabilité économique et leur capacité de créer des emplois et de générer des revenus.</p>
<p>(2) Lorsque cela est possible, ces services devraient inclure ce qui suit:</p>
<p>a) programmes de mise en valeur des ressources humaines;</p>
<p>b) recherche et conseil en gestion;</p>
<p>c) accès au financement et à l&#8217;investissement;</p>
<p>d) comptabilité et audit;</p>
<p>e) information en matière de gestion;</p>
<p>f) information et relations publiques;</p>
<p>g) conseil sur les technologies et innovations;</p>
<p>h) conseils juridiques et fiscaux;</p>
<p>i) services d&#8217;appui à la commercialisation;</p>
<p>j) autres services d&#8217;appui le cas échéant.</p>
<p>(3) Les gouvernements devraient faciliter la mise en place de ces services d&#8217;appui. Les coopératives et leurs organisations devraient être encouragées à participer à l&#8217;organisation et à la gestion de ces services et, lorsque cela est possible et approprié, à les financer.</p>
<p>(4) Les gouvernements devraient reconnaître le rôle des coopératives et de leurs organisations en développant des instruments appropriés destinés à créer et à renforcer les coopératives aux niveaux local et national.</p>
<p>12. Les gouvernements devraient adopter, le cas échéant, des mesures pour faciliter l&#8217;accès des coopératives au financement de leurs investissements et au crédit. Ces mesures devraient notamment:</p>
<p>a) permettre l&#8217;accès aux prêts et autres sources de financement;</p>
<p>b) simplifier les procédures administratives, remédier à tout niveau inadéquat de capitaux des coopératives et diminuer le coût des transactions de crédit;</p>
<p>c) favoriser un système autonome de financement des coopératives, y compris les coopératives d&#8217;épargne et de crédit, les banques coopératives et les coopératives d&#8217;assurances;</p>
<p>d) prévoir des dispositions particulières pour des groupes défavorisés.</p>
<p>13. Pour la promotion du mouvement coopératif, les gouvernements devraient encourager des conditions favorisant le développement de liens techniques, commerciaux et financiers entre toutes les formes de coopératives afin de faciliter les échanges d&#8217;expériences et le partage des risques et bénéfices.</p>
<p>IV. RÔLE DES ORGANISATIONS D&#8217;EMPLOYEURS ET DE TRAVAILLEURS ET DES ORGANISATIONS COOPÉRATIVES ET RELATIONS ENTRE ELLES</p>
<p>14. Les organisations d&#8217;employeurs et de travailleurs, reconnaissant l&#8217;importance des coopératives dans la réalisation des objectifs de développement durable, devraient rechercher, en accord avec les organisations coopératives, des voies et moyens de promotion des coopératives.</p>
<p>15. Les organisations d&#8217;employeurs devraient envisager, lorsque cela est approprié, d&#8217;élargir l&#8217;adhésion aux coopératives qui souhaitent devenir membres et leur fournir des services d&#8217;appui adéquats aux mêmes conditions que celles applicables aux autres membres.</p>
<p>16. Les organisations de travailleurs devraient être encouragées à:</p>
<p>a) conseiller et assister les travailleurs des coopératives dans l&#8217;adhésion à des organisations de travailleurs;</p>
<p>b) aider leurs membres à créer des coopératives, y compris dans le but de faciliter l&#8217;accès aux biens et services de première nécessité;</p>
<p>c) participer à des commissions et groupes de travail aux niveaux local, national et international qui traitent de sujets d&#8217;ordre économique et social ayant un impact sur les coopératives;</p>
<p>d) aider et participer à la constitution de nouvelles coopératives en vue de la création ou du maintien de l&#8217;emploi, y compris lorsque des fermetures d&#8217;entreprises sont envisagées;</p>
<p>e) aider et participer à des programmes destinés aux coopératives, qui visent à améliorer leur productivité;</p>
<p>f) promouvoir l&#8217;égalité de chances dans les coopératives;</p>
<p>g) promouvoir l&#8217;exercice des droits des travailleurs associés des coopératives;</p>
<p>h) entreprendre toute autre activité pour la promotion des coopératives, y compris les activités d&#8217;éducation et de formation.</p>
<p>17. Les coopératives et les organisations les représentant devraient être encouragées à:</p>
<p>a) établir une relation active avec les organisations d&#8217;employeurs et de travailleurs et avec les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux compétents en vue de créer un climat favorable au développement des coopératives;</p>
<p>b) gérer leurs propres services d&#8217;appui et contribuer à leur financement;</p>
<p>c) fournir des services commerciaux et financiers aux coopératives affiliées;</p>
<p>d) favoriser et investir dans la mise en valeur des ressources humaines de leurs adhérents, travailleurs et gestionnaires;</p>
<p>e) favoriser le développement des organisations nationales et internationales et l&#8217;adhésion à celles-ci;</p>
<p>f) représenter le mouvement coopératif national au niveau international;</p>
<p>g) entreprendre toute autre activité pour la promotion des coopératives.</p>
<p>V. COOPÉRATION INTERNATIONALE</p>
<p>18. La coopération internationale devrait être facilitée par le biais de:</p>
<p>a) l&#8217;échange d&#8217;informations sur les politiques et programmes qui se sont révélés efficaces pour créer des emplois et générer des revenus pour les adhérents des coopératives;</p>
<p>b) l&#8217;encouragement et la promotion des relations entre les institutions et organismes nationaux et internationaux impliqués dans le développement des coopératives pour permettre:</p>
<p>i) des échanges de personnel et d&#8217;idées, de matériel éducatif et de formation, de méthodologies et de matériel de référence;</p>
<p>ii) la compilation et l&#8217;utilisation du matériel de recherche et d&#8217;autres données sur les coopératives et leur développement;</p>
<p>iii) l&#8217;établissement d&#8217;alliances et de partenariats internationaux entre les coopératives;</p>
<p>iv) la promotion et la protection des valeurs et principes coopératifs;</p>
<p>v) l&#8217;établissement de relations commerciales entre les coopératives;</p>
<p>c) l&#8217;accès des coopératives aux données nationales et internationales telles que l&#8217;information sur les marchés, la législation, les méthodes et techniques de formation, la technologie et les normes de produits;</p>
<p>d) l&#8217;élaboration, lorsque cela est possible et justifié, et en consultation avec les coopératives et les organisations d&#8217;employeurs et de travailleurs concernées, de directives et de législations régionales et internationales communes favorables aux coopératives.</p>
<p>VI. DISPOSITION FINALE</p>
<p>19. La présente recommandation révise et remplace la recommandation sur les coopératives (pays en voie de développement), 1966.</p>
<p>ANNEXE</p>
<p>EXTRAIT DE LA DÉCLARATION SUR L&#8217;IDENTITÉ COOPÉRATIVE, ADOPTÉE PAR L&#8217;ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L&#8217;ALLIANCE COOPÉRATIVE INTERNATIONALE EN 1995</p>
<p>Les principes coopératifs constituent les lignes directrices qui permettent aux coopératives de mettre leurs valeurs en pratique.</p>
<p>Adhésion volontaire et ouverte à tous</p>
<p>Les coopératives sont des organisations fondées sur le volontariat et ouvertes à toutes les personnes aptes à utiliser leurs services et déterminées à prendre leurs responsabilités en tant que membres, et ce sans discrimination fondée sur le sexe, l&#8217;origine sociale, la race, l&#8217;allégeance politique ou la religion.</p>
<p>Pouvoir démocratique exercé par les membres</p>
<p>Les coopératives sont des organisations démocratiques dirigées par leurs membres qui participent activement à l&#8217;établissement des politiques et à la prise de décisions. Les hommes et les femmes élus comme représentants des membres sont responsables devant eux. Dans les coopératives de premier niveau, les membres ont des droits de vote égaux (en vertu de la règle &#8211; un membre, une voix) et les coopératives d&#8217;autres niveaux sont aussi organisées de manière démocratique.</p>
<p>Participation économique des membres</p>
<p>Les membres contribuent de manière équitable au capital de leurs coopératives et en ont démocratiquement le contrôle. Une partie au moins de ce capital est habituellement la propriété commune de la coopérative.</p>
<p>Les membres ne bénéficient habituellement que d&#8217;une rémunération limitée du capital souscrit comme condition de leur adhésion. Les membres affectent les excédents à tout ou partie des objectifs suivants: le développement de leur coopérative, éventuellement par la dotation de réserves dont une partie au moins est impartageable, des ristournes aux membres en proportion de leurs transactions avec la coopérative et le soutien d&#8217;autres activités approuvées par les membres.</p>
<p>Autonomie et indépendance</p>
<p>Les coopératives sont des organisations autonomes d&#8217;entraide, gérées par leurs membres. La conclusion d&#8217;accords avec d&#8217;autres organisations, y compris des gouvernements, ou la recherche de fonds à partir de sources extérieures, doit se faire dans des conditions qui préservent le pouvoir démocratique des membres et maintiennent l&#8217;indépendance de leur coopérative.</p>
<p>Education, formation et information</p>
<p>Les coopératives fournissent à leurs membres, leurs dirigeants élus, leurs gestionnaires et leurs employés l&#8217;éducation et la formation requises pour pouvoir contribuer effectivement au développement de leur coopérative. Elles informent le grand public, en particulier les jeunes et les leaders d&#8217;opinion, sur la nature et les avantages de la coopération.</p>
<p>Coopération entre les coopératives</p>
<p>Pour apporter un meilleur service à leurs membres et renforcer le mouvement coopératif, les coopératives œuvrent ensemble au sein de structures locales, nationales, régionales et internationales.</p>
<p>Engagement envers la communauté</p>
<p>Les coopératives contribuent au développement durable de leur communauté dans le cadre d&#8217;orientations approuvées par leurs membres.</p>
<p><strong>Cross references</strong></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <cite>www.vedura.fr/<strong>developpement</strong>-<strong>durable</strong>/&#8230;</cite></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> <cite>www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?R<strong>193</strong></cite></p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> ILO: Résilience of Cooperative Business Model in Times of Crisis Genève 2009.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> <cite>www.ifrap.org/Reforme-du-systeme-de-<strong>sante</strong>-americain</cite></p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> E. Kamdem : Unterentwicklung und Autozentrismus in Kamerun . Page 162-164</p>
<p><a href="#_ftnref6"></a></p>
<p>[6] <cite>www.remess.ma/Docs/Conference%20Kamdem.pdf</cite></p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> <cite>www.remess.ma/Docs/Conference%20Kamdem.pdf</cite></p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> E. Kamdem : Vers la culture  de l’entrepreneuriat coopératif en milieu scolaire et universitaire</p>
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		<title>Message du Président Abdoulaye Wade</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 11:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Message du Président Wade]]></category>

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		<description><![CDATA[Pr. Iba Der THIAM Agrégé de l’Université Docteur d’Etat Ancien Ministre Député à l’Assemblée Nationale Villa 5257 Sicap Liberté IV Tél. /Fax : (221) 824 07 57 DAKAR (Sénégal) Dakar, le 19 Novembre 2010 A Monsieur le Professeur HOUNTONDJI Cotonou Bénin E.mail : pjhountondji@yahoo.fr Objet : Message du Professeur Iba Der THIAM, désigné par le Président Abdoulaye [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Pr. Iba Der THIAM</em></strong></p>
<p><strong>Agrégé de l’Université</strong></p>
<p><strong>Docteur d’Etat</strong></p>
<p><strong>Ancien Ministre</strong></p>
<p><strong>Député à l’Assemblée Nationale</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Villa 5257 Sicap Liberté IV</strong></p>
<p><strong>Tél. /Fax : (221) 824 07 57</strong></p>
<p><strong>DAKAR (Sénégal)</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Dakar, le 19 Novembre 2010</em></strong><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>A</em></strong></p>
<p><strong><em>Monsieur le Professeur HOUNTONDJI</em></strong></p>
<p><strong><em>Cotonou</em></strong></p>
<p><strong><em>Bénin</em></strong></p>
<p><strong><em>E.mail : <a href="mailto:pjhountondji@yahoo.fr">pjhountondji@yahoo.fr</a></em></strong></p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></strong></p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></strong></p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Objet </span></em></strong><strong><em>: Message du Professeur Iba Der THIAM, désigné par le Président Abdoulaye WADE, pour le représenter au Symposium de Cotonou.</em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p><strong><em>Mon Cher Collègue et Ami,</em></strong></p>
<p>Eloigné du Sénégal par une mission, qui m’a conduit au Brésil pour participer, la semaine dernière, à la 4<sup>ème</sup> Rencontre Annuelle du Cinéma Noir du Brésil et délivrer, dans quelques institutions universitaires et culturelles, des conférences sur le 3<sup>ème</sup> Festival Mondial des Arts Nègres, qui doit se tenir à Dakar du 10 au 31 Décembre 2010, je ne suis rentré que tout récemment, pour apprendre que le Chef de l’Etat du Sénégal, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, ne pouvant plus, pour des raisons indépendantes de sa volonté, se rendre au Bénin, m’avait désigné pour venir le représenter à votre Symposium.</p>
<p>Des ennuis de santé, ajoutés aux exigences de la Tabaski, ne m’ont pas permis de me mettre en route assez tôt.</p>
<p>On vient de m’apprendre, que je ne pourrai quitter Dakar, que demain matin, à 08H, pour n’arriver dans votre belle capitale qu’à 13H45, c’est-à-dire, bien après la séance de clôture des importantes Assises, qui vous réunissent, actuellement.</p>
<p>Je le regrette, d’autant plus que je sais, personnellement, l’estime profonde et l’affection que le Président Abdoulaye WADE porte au Président Boni YAYI, à toute la classe politique et au peuple béninois, sans parler  du Ministre Albert Tévoèdjrè, son compagnon du Mouvement de Libération Nationale dans les années 50 et vous-même, Cher Professeur HOUNTONDJI, dont les travaux et l’itinéraire universitaires sont une fierté pour notre continent.</p>
<p>Vous savez que le Médiateur Albert Tévoèdjrè compte parmi les figures marquantes, que j’ai, toujours, classées sur le piédestal des premières admirations de ma jeunesse, à l’époque où, dans les années 50, il servait au Lycée Maurice DELAFOSSE de Dakar.</p>
<p>Son patriotisme éclairé, son nationalisme lucide, son courage tranquille et son amour passionné du continent ont marqué de nombreuses générations de jeunes Africains, auxquelles j’ai l’honneur d’appartenir.</p>
<p>C’est vous dire à quel point, j’aurais aimé  être à vos côtés, pour resserrer, par ma présence, les relations d’amitié, qui lient nos deux pays et partager avec vous, les moments de réflexion que vous avez ouverts.</p>
<p>Oui, l’audace est, assurément, l’unique défi pour une Afrique Nouvelle.</p>
<p>Notre continent et ses élites ont, trop longtemps, souffert du mimétisme servile des modèles extérieurs, en reproduisant les idées, les concepts, les symboles, les valeurs, les références et les modèles de nos maîtres étrangers.</p>
<p>Le bilan des 50 années d’indépendance, bien que contrasté, prouve, suffisamment, que cette voie nous a conduits vers des impasses politiques, économiques, culturelles, sociales et géostratégiques, qui ont, durablement, enraciné l’Afrique dans la pauvreté, l’indigence intellectuelle, le manque d’initiatives, l’arriération économique.</p>
<p>Il est temps de mettre un terme à cette situation, comme le firent, avant nous, nos prestigieux devanciers.</p>
<p>C’est grâce à son audace que BENKOS a jeté bas le joug espagnol dans l’Etat de Carthagène, entre 1599 et 1621, au nom de la liberté.</p>
<p>C’est grâce à son audace, que ZOUMBI de Palmarès  a édifié un Etat libre, entre 1630 et 1667, au Brésil.</p>
<p>C’est grâce à son audace que le Contre-amiral D’ESTAING a jeté ses 800 soldats noirs d’Haïti dans la bataille de Savannah, pour sauver l’Armée de Georges WASHINGTON de la défaite, devant les troupes anglaises du Lieutenant MAITLAND, sauvant, ainsi, la Révolution américaine.</p>
<p>C’est par leur audace que Toussaint Louverture et ses successeurs ont vaincu les Espagnols et les Anglais  et supprimé l’esclavage dès 1793, c’est-à-dire, un an avant la Convention Française.</p>
<p>C’est grâce à leur audace qu’ils ont battu l’Armée de Napoléon et proclamé l’indépendance de la première République Noire.</p>
<p>C’est grâce à leur audace que DESSALINES et PETION ont soutenu les colonies d’Amérique Latine pour qu’elles se libèrent du joug espagnol et accèdent à l’indépendance, avant 1830.</p>
<p>C’est grâce à son audace que MENELIK a triomphé des troupes italiennes en 1896, épargnant ainsi à son pays la domination coloniale.</p>
<p>C’est grâce à leur audace, que Lunion GOTHON a revendiqué l’indépendance pour les colonies françaises dès 1924, que Lamine SENGHOR, Thiémokho Garan KOUYATE, Kodjo Tovalou HOUENOU, Louis HUNKANRIN ont créé le Comité de Défense de la Race Noire, outil de combat contre le racisme et le mépris colonial.</p>
<p>Même, le combat pour la négritude a été une audacieuse décision.</p>
<p>J’aurais pu en dire de même de l’acte posé par Félix EEBOUE ou par Alioune DIOP ou encore par tous ceux qui ont participé  aux premiers Congrès des Intellectuels et Ecrivains Noirs en 1956, à la Sorbonne et en 1959, à Rome.</p>
<p>L’acte  fondateur de la FEANF et sa devise étaient, eux-aussi, un pari audacieux, dans un contexte lourd de menaces.</p>
<p>J’aurais pu multiplier les exemples, à l’infini.</p>
<p>Sans l’audace, ni Bandoeng n’aurait réuni 29 Etats, parlant au nom de 1 600 000 de personnes, ni NKRUMAH, ni Sékou TOURE  n’auraient ouvert la voie aux indépendances africaines.</p>
<p>Il est temps de renouer avec cet esprit d’audace lucide, clairvoyant, engagé, responsable et patriotique,  sans haine, ni violence, ni tension inutile, car notre continent a, plus que jamais, besoin de paix et de ruptures fondamentales, s’il veut parcourir, en quelques décennies, le chemin que d’autres ont mis des siècles à couvrir.</p>
<p>Les Etats-Unis d’Amérique ont été constitués à partir d’une décision audacieuse, prise par 13 Etats seulement.</p>
<p>Depuis, 37 les ont rejoints. Comme quoi, l’audace paie.</p>
<p>Si nous voulons que la Renaissance Africaine ne soit pas un vain mot et que les Etats–Unis d’Afrique deviennent une réalité, osons explorer de nouveaux itinéraires.</p>
<p>Notre monde a changé et va continuer de changer.</p>
<p>Le centre de gravité de l’économie planétaire s’est déplacé vers l’Asie.</p>
<p>L’Afrique a enregistré entre 1998 et 2008, les performances de 18 de ses pays, qui ont affiché des taux de croissance cumulée supérieurs à 100%. 7 d’entre eux ont, même fait mieux que la Chine. Déjà, les 17 foyers de tension, qui étaient identifiés en 1998, ne sont plus que 5.</p>
<p>L’Afrique n’est donc pas désarmée. Les voies du Renouveau existent, bel et bien, à condition, qu’on veuille les chercher, plutôt que de se prélasser dans le lit douillet du ronron quotidien ; si elle développe la coopération Sud-Sud, en plus de la coopération Nord-Sud et si elle diversifie ses partenariats, sans exclusive, elle peut modifier la géopolitique mondiale, ainsi que la Gouvernance injuste qui lui sert de support.</p>
<p>En axant votre réflexion sur la thématique de l’audace, vous avez compris, que ce sont les idées et la volonté politique, qui gouvernent le monde et que, dans la bataille des idées, l’Afrique ne peut être absente.</p>
<p>Vous montrez la voie aux jeunes générations, ainsi qu’à celles du futur, car, dans la sphère de l’immatériel, au sein de laquelle, nous évoluons, la capacité d’inventer, d’imaginer, de créer, d’entreprendre et de concevoir, est aussi importante que la possession de matières premières.</p>
<p>Nous sommes à l’ère de l’économie de la connaissance et de l’industrie des intelligences.</p>
<p>Le 3<sup>ème</sup> Festival Mondial des Arts Nègres, qui se tiendra à Dakar du 10 au 31 Décembre 2010 à l’initiative du Président WADE,  et qui sera le plus grand rassemblement du monde noir de tous les temps, donnera à vos conclusions, le plus large écho.</p>
<p>C’est pourquoi,  le Président Abdoulaye WADE vous y invite, tous.</p>
<p>En attendant de vous y accueillir, il souhaite plein succès à vos travaux et vous dit : <strong><em>« Bonne chance »</em></strong>.</p>
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		<title>Message du Pape Benoît XVI</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 11:34:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Message du Pape]]></category>

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		<description><![CDATA[Secrétairerie  d’Etat &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;- Première Section – Affaires Générales Du Vatican, le 11 novembre 2010 « Son Excellence  Monsieur Boni Yayi Président de la République du Bénin cotonou A l’occasion du cinquantenaire des Indépendances de certains Pays africains, Vous avez décidé, Monsieur le Président, de convoquer un Symposium international ayant pour thème : « L’audace, unique défi pour une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Secrétairerie  d’Etat</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> Première Section – Affaires Générales</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Du Vatican, le 11 novembre 2010</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>« Son Excellence  Monsieur Boni Yayi</strong></p>
<p><strong>Président de la République du Bénin</strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">cotonou</span></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>A l’occasion du cinquantenaire des Indépendances de certains Pays africains, Vous avez décidé, Monsieur le Président, de convoquer un Symposium international ayant pour thème : « L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle ». Je salue cette heureuse initiative qui a lieu durant l’« Année de la Paix et de la Sécurité » proclamée par l’Union Africaine. Le thème choisi est en lui-même un signe d’espérance. Prenant en considération l’héritage du passé, il pousse les participants du Symposium et les invités spéciaux provenant de différents Pays et milieux, à poser les jalons nécessaires pour une prise de conscience objective de la réalité africaine afin de construire, non seulement avec audace, mais aussi avec espérance un futur qui correspondra au mieux au développement intégral et au respect des plus hautes valeurs humaines. Puissent dans les différentes réflexions du Symposium ne pas dominer uniquement les intérêts politico-économiques, mais puisse la personne africaine et son bien être placés au centre de toute préoccupation ! Que Dieu répande sur tous les participants au Symposium international, sur tous les Béninois et sur tous les Dirigeants africains d’abondantes Bénédictions ! </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Benedictus Pp. XVI »</strong></p>
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		<title>Rapport General du Symposium sur les Indépendances Africaines</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 09:26:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rapport Général du Symposium]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’avons-nous fait de ce que nous croyions tenir pour nos talents ? Qu’avons-nous fait de nos rêves de liberté, de grandeur, de renaissance ? Et Dieu sait que nous n’avions pas tort de rêver. Quand on est le berceau de l’humanité selon un arrêt de la nature, on ne peut que porter légitimement le rêve de devenir terre d’abondance et d’un bien être partagé, dans l’ordre de la culture.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--pagetitle:Symposium international : l'audace, unique défi pour une Afrique nouvelle--></p>
<p><strong><em>Symposium international : l’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle : rapport général</em></strong></p>
<p>Il sonnait 50 coups à l’horloge des ans. Et nous nous étions obligés de nous arrêter. De nous arrêter pour scruter les horizons ternes et tristes de tous nos rendez-vous manqués.</p>
<p>Qu’avons-nous fait de ce que nous croyions tenir pour nos talents ? Qu’avons-nous fait de nos rêves de liberté, de grandeur, de renaissance ? Et Dieu sait que nous n’avions pas tort de rêver. Quand on est le berceau de l’humanité selon un arrêt de la nature, on ne peut que porter légitimement le rêve de devenir terre d’abondance et d’un bien être partagé, dans l’ordre de la culture.</p>
<p>C’est vrai, nos rêves ne se sont pas toujours incarnés,  allant se perdre dans l’estuaire du cauchemar. C’est vrai, l’enfant  qui vagissait à l’aube radieuse de ce jour de l’an de grâce 1960 a grandi depuis, mais dans la peine, la pénurie pour pagne, l’incertitude du lendemain pour horizon. Sans autre promesse d’une vie meilleure que la désespérance muette et résignée de ne savoir rien faire d’autre que de tirer le diable par la queue. Comme si les belles paroles de l’hymne national du pays de ce citoyen lambda susurraient, à longueur de temps, à l’oreille de celui-ci, des mensonges mélodieux, des mélodies mensongères.</p>
<p>Voilà l’Afrique 50 ans après. Nous voilà nous-mêmes : souvent nus, constamment démunis, quêtant aux quatre points cardinaux de la pitié la charité internationale. Maigre et rabougri héritage cinquantenaire ! Une frange de la jeune génération de nos concitoyens ne s’y reconnaissant pas, le récuse. Elle n’accepte pas d’en être le légataire.</p>
<p>Mais pour autant, l’heure n’est plus aux regrets, mais au réveil. Parce qu’il n’y a pas, à proprement parler, d’échec. Il n’y a, à la vérité, que des expériences. L’heure est donc à la responsabilité verticale d’hommes et de femmes debout. Ils ne veulent plus être de simples figurants sur la scène de l’histoire. Ils entendent plutôt être des pilotes aguerris par l’épreuve, aux commandes de leur vie,</p>
<p>Et vous voici, quant à vous, prêts à faire entendre au monde, plus que le thème d’un symposium, réuni à Cotonou, du 16 au 20 novembre 2010, mais un cri puissant de ralliement :</p>
<p>« L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle »</p>
<p>Et c’est en vous arcboutant au socle solide de l’audace que vous, hommes et femmes de bonne volonté venus de tous les horizons de la géographie, de l’amitié et de la fraternité, la foi chevillée au corps, avez décidé de planter sur les chemins nouveaux d’une Afrique nouvelle quatre piliers majeurs, à tenir pour autant de bornes- repères.</p>
<p><strong><em>Première borne-repère : l’audace de l’aveu et de la rupture</em></strong></p>
<p>Il s’agit, avant toutes choses, de nous regarder et de nous voir, tels qu’en nous-mêmes, dans notre propre miroir. Au cours des cinquante dernières années, force est de reconnaître que l’Afrique s’est rendue responsable de beaucoup d’erreurs.</p>
<ul>
<li>L’erreur du mimétisme qui fait de nous des perroquets récitants, des singes grimaçants. Beaucoup d’entre nous ont  ainsi marché et continuent de marcher  à côté de leur identité.</li>
<li>Recroquevillés sur nous-mêmes, sans esprit d’ouverture suffisant, ni vision d’avenir, nous avons tôt fait de nous exposer aux dangers  du nationalisme culturel dont le propre est d’exclure les autres et d’encourager l’enfermement sur soi.</li>
<li>Les guerres dans lesquelles nous nous impliquons en supplétifs inconscients, les conflits ouverts ou larvés que nous entretenons en pyromanes irresponsables, ont éloigné la paix de nombre de régions du continent. Nous y avons instauré la loi de la jungle et fait accroire que <strong><em>« la raison du plus fort est toujours la meilleure »</em></strong>.</li>
<li>Et si nos retards constatés sur les 50 dernières années n’étaient rien d’autre que la conséquence de notre rapport au temps. On est  bien tenté d’aller chercher, sur le registre de la gestion du temps, l’avance prise sur nous par ces pays dits émergents, avec une dynamique du travail nettement plus grande dans ces pays.</li>
<li>Et si nous devions tenir compte du temps, dans toutes nos élaborations, nous ne pouvons pas ne pas y associer l’exigence de la ponctualité. Celle-ci aide à nous rendre maîtres de notre temps et à le gérer au mieux de nos intérêts. Ne faut-il pas du temps pour tout ? Il faut du temps, en tout cas, pour faire avancer la réflexion scientifique, pour faire advenir les choses. Mais ce temps ne participe pas de l’éternité qui est plutôt le temps de Dieu.</li>
<li>Nous avons détérioré gravement l’environnement de nos élections. Dès lors que nous avons pris l’habitude de faire  prévaloir l’idée selon laquelle « on n’organise pas les élections pour les perdre », rien ni personne ne peut « surveiller » le surveillant. Voilà qui ouvre la voie à tous les excès, à tous les abus.</li>
<li>Nous avons souvent manipulé et tripatouillé nos textes fondamentaux, trahissant nos engagements premiers au nom d’intérêts nauséabonds qui ne disent pas leur nom.</li>
<li>Et qui nierait que sur les problèmes essentiels de développement nous avons souvent péché, après avoir fait des choix contestables, par raideur idéologique,  par étroitesse d’esprit et parti-pris.</li>
</ul>
<p>« La nuit dure longtemps, mais le jour finit par arriver » dit un proverbe africain. Mais à quelles conditions le jour viendra-t-il pour que le changement souhaité s’impose comme le juste corollaire de l’audace de la rupture ?</p>
<p>-         La vérité de l’Africain n’est nulle part ailleurs qu’en lui-même, qu’avec lui-même. Ce qui donne raison au poète : (citation) « <strong><em>N’imitez rien ni personne. Un lion qui copie un autre lion devient un singe </em></strong>». (Fin de citation)</p>
<p>-         La paix est le meilleur terreau de notre développement. Aussi devons-nous nous convaincre que la paix en Afrique ne peut plus être la paix des cimetières, mais celles des vivants. Une paix qui se construit chaque jour par le dialogue, la saine confrontation des idées et des projets, l’acceptation de la diversité.  Walter Lippman nous l’a appris : (Citation) <strong><em>« Quand tous les hommes pensent de la même façon, cela veut dire qu’on ne pense guère. </em></strong>» (Fin de citation)</p>
<p>-         Vous n’avez pas cru devoir fermer les yeux sur cet ensemble de pratiques ancestrales qui défient les rouages de l’Etat moderne. Délivrons-nous de tout préjugé : ces pratiques représentent, à bien des égards, un capital de connaissances qui peuvent être utiles. Commençons par les approcher, par les recenser, par leur offrir des cadres et des espaces appropriés d’expression qui les sortent du cachot de l’obscurantisme et qui assurent aux praticiens de tirer le meilleur profit de leurs savoirs en termes de brevets, prenant ainsi leur part au développement.</p>
<p>-         Le recours à l’Afrique de toujours, à travers nos valeurs endogènes, fournit les premières bonnes réponses à nos diverses quêtes. Que d’armes miraculeuses, dont parle  Aimé Césaire, nous aurons à découvrir pour opérer des ruptures décisives et salvatrices ! L’altérité était positivement vécue en Afrique et l’humanisme, dans le sens profond du respect dû à l’humain, n’était pas un vain mot.</p>
<p>-         Par conséquent, rupture avec les contenus idéologisants de l’éducation, des sciences sociales. Ils inculquent les bases ethnocides qui conduisent aux abominations que nous savons. Rupture avec  la conception selon laquelle « l’autre » est l’ennemi à combattre par tous les moyens et à effacer de la surface de la terre. Rupture avec des  prêts à penser ou des normes internationales préétablies qui veulent, par exemple, nous emmurer dans la prison de la pauvreté, alors que l’Afrique n’est pas pauvre, mais appauvrie.</p>
<p>-         Nous devons construire des sociétés démocratiques équilibrées, qui bénéficient du coefficient d’action et de réalisation d’une société civile forte et structurée, afin qu’émerge une culture africaine d’inclusion, de diversité et de dialogue.</p>
<p>-         Le questionnement, de manière pérenne, doit dominer nos élaborations, pour appeler de notre part prise de conscience et sursaut. Comment le berceau de l’humanité a-t-il pu devenir la poubelle du monde ? Pourquoi le continent le mieux doté de la terre, peut-il se complaire dans la pénurie et la misère ? C’est Nietzsche qui l’a dit <strong><em>« Seul ce qui fait mal, très mal, saisit l’homme tout entier et accélère le processus d’irruption de l’esprit en lui. »</em></strong></p>
<p>-         Le panafricanisme, dans cette perspective, malgré ses bégaiements actuels, doit être perçu comme une chance pour l’Afrique. La mobilité des hommes et des biens est déjà un facteur incontestable de progrès. Elle doit être  complétée par la mobilité des idées afin que les Africains  consentent, enfin, à faire le plus rentable des investissements, l’investissement dans l’intelligence.</p>
<p>-         Enfin, il faut appeler l’éthique au cœur de toutes nos approches. Il faut que l’éthique accompagne, gouverne toutes nos démarches. L’éthique  est un facteur de rupture sans pareil. Nous le savons : science sans conscience, n’est que ruine de l’âme. Nous devons le savoir : un développement non générateur d’un bien être partagé, empêchera l’homme africain d’être   jardinier et fruit du développement  en son propre jardin.</p>
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